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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Eye in the sky

(Grande-Bretagne, 2016, 1h42)

Réalisation : Gavin Hood - Scénario : Guy Hibbert - Musique Paul Hepker, Mark Kilian - Montage : Megan Gill - Photo : Haris Zambarloukos - Casting : Deborah Aquila - Production : Ged Doherty, Colin Firth, David Lancaster - Distribution France : UGC Distribution
Interprétation : Helen Mirren (Colonel Katherine Powell), Aaron Paul (Steve Watts), Alan Rickman (General Franck Benson), Barkhad Abdi (Jama Farah), Phoebe Fox (Carrie), Iain Glen (James Willett), Faisa Hassan (Fatima), Aisha Takow (Alia), Armaan Haggio (Musa)
Auteur :

Gavin Hood est un réalisateurscénariste et acteur, né en 1963 à Johannesbourg (Afrique du sud). Après des études de droit, il part étudier l’écriture de scénarios et la réalisation à Los Angeles puis revient dans son pays. Ses principaux films sont Le désert et la forêt (2001), Mon nom est Tsotsi (2005), Détention secrète (2007), X Men Origins : Volverine (2009), La stratégie Ender (20013) et Eye in the sky (2016).

Résumé :

Le haut commandement britannique dirige à Londres une opération de neutralisation d’un groupe terroriste islamiste à Nairobi (Kenya), avec l’aide d’un seul agent sur place (un Somalien) et d’un drone américain, commandé depuis le Nevada. Quand surgit sur les écrans une innocente fillette venue vendre la production familiale de pains. 

Analyse :



Le premier intérêt de ce film, qui sidère littéralement, est d’informer sur la technologie la plus avancée de la guerre moderne : communication mondiale et instantanée par ordinateurs, capacité d’un petit scarabée bourré d’informatique à s’introduire à l’intérieur d’une maison pour espionner ses occupants, drone rapide et précis sur sa cible. D’un bout à l’autre de la planète, dans une atmosphère haletante, les compétences de chacun se déploient avec professionnalisme et détermination : dans le centre londonien de commandement, à Hawaï où s’effectue l’analyse des images envoyées par les caméras de vidéosurveillance et à Las Vegas où deux jeunes recrues, Steve et Carrie, doivent donner au drone l’ordre de larguer le missile meurtrier. Les émotions des personnages, qui savent leurs décisions cruciales, sont accentuées par le recours aux gros plans tandis que pianotent frénétiquement les claviers.

 Un autre volet du film porte sur la morale en temps de guerre et la question des victimes collatérales. Mais, on sait ce qu’il en est dès le début, Gavin Hood citant en exergue Eschyle : « La vérité est la première victime de la guerre ». Les habituelles dissensions entre politiques et militaires s’expriment en particulier à Londres quand on apprend qu’un sujet de Sa Majesté se trouve parmi le groupe à abattre. La partie américaine, décontractée parfois jusqu’à la caricature, apporte de son côté des  éléments de comique qui permettent d’apaiser de temps à autre la tension. En officier déterminée à sauver les vies menacées par la préparation d’une attaque kamikaze dans un quartier populeux, Helen Mirren est parfaite, glaçante. La fillette musulmane, que ses parents encouragent à jouer et à étudier sans éveiller les soupçons des  fanatiques est l’autre grand personnage de ce thriller captivant.

Françoise Wilkowski-Dehove