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Cinéma

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Gloria

(Chili, 2013 1h50)

Réalisation : Sebastián Lelio - Scénario : Sebastián Lelio - Co-scénariste : Gonzalo Maza – Image : Benjamín Echazarreta – Montage : Sebastián Lelio et Soledad Salfate - Distribution France : Ad Vitam Distribution
Interprétation : Paulina García (Gloria), Sergio Hernandez (Rodolfo), Diego Fontecilla (Pedro), FaSebastián Lelio est né en 1974 à Santiago du Chili, d'une mère chilienne, ballerine et d'un père argentin, architecte. Diplômé de l'école chilienne de cinéma, il réalise six courts métrages entre 1995 et 2003. Ses trois premiers longs, La Sagrada Familia (2005), Navidad (2009), El año del Tigre (2011) ont été sélectionnés dans de grands festivals (San Sebastian, Locarno, Cannes). A Berlin, Gloria a remporté l'Ours d'argent de la meilleure actrice pour Paulina Garcia.la Zamora (Ana), Luz Jiménez (Victoria), Alejandro Goic (Gabriel, ex de Gloria), Coca Guazzini (Luz).
Auteur :

Sebastián Lelio est né en 1974 à Santiago du Chili, d'une mère chilienne, ballerine et d'un père argentin, architecte. Diplômé de l'école chilienne de cinéma, il réalise six courts métrages entre 1995 et 2003. Ses trois premiers longs, La Sagrada Familia (2005), Navidad (2009), El año del Tigre (2011) ont été sélectionnés dans de grands festivals (San Sebastian, Locarno, Cannes). A Berlin, Gloria a remporté l'Ours d'argent de la meilleure actrice pour Paulina Garcia.

Résumé :

Gloria, employée de bureau proche de la soixantaine, divorcée, vivante et enjouée, attachée à Pedro et Ana ses enfants adultes, cherche à sortir de sa solitude. Avec Rodolfo, récemment séparé mais encore très encombré par son passé, elle fait de son mieux pour construire une relation satisfaisante.

Analyse :



Le personnage de Gloria, incarné de façon remarquable par Paulina Garcia, habite le film du début à la fin, littéralement de la première à la dernière image, et loin de lasser, le fait vivre intensément. Il ne se passe pourtant rien : du quotidien, c'est tout, mais pas de monotonie, tant Gloria est douée pour vivre chaque instant avec conviction et en découvrir le goût sans peur de l'amertume. Ainsi chante-t-elle les chansons débitées par la radio ; ainsi fume-t-elle, malgré une méfiance d'abord affirmée, les joints qu'a perdus à sa porte le voisin fou du dessus ; ainsi prend-elle dans son lit, et plus si affinités, le timide Rodolfo dont la pusillanimité finira à la longue par la décourager.

Bavardages de voisinage ou de famille, soirées en discothèque, sorties au parc d'attractions de Rodolfo, virée luxueuse qu'il lui offre à Vina del Mar, nuisances sonores du voisin de dessus et son chat déplumé... tout est là, de la plus extrême banalité, mais raconté avec le sens de la touche vraie, comme ces gestes ou phrases inachevés ou sans suite, et aboutissant au portrait fort et séduisant d'une femme qui tient à vivre sa vie et sait s'y prendre. Sa solitude est évidente, et elle ne s'y complaît pas, mais elle ne veut pas non plus se perdre pour y échapper. Elle aime danser en discothèque, et l'on l'y voit le plus souvent danser seule, mais surtout danser à son rythme et son sens, quoi que fasse la cohue autour d'elle.

Il faut compléter d'une touche ce tableau qui pourrait évoquer une égoïste égocentrique : Gloria n’est pas indifférente aux autres. Elle est pleine d'affection pour sa famille, pour ses amies Luz ou Victoria, elle tente sincèrement de construire une vie commune avec Rodolfo, elle se tient au courant de ce qui ne lui est pas proche, elle a besoin de tout cela pour exister... Et vraiment elle existe : c'est la superbe réussite de Sebastián Lelio et son actrice.

Jacques Vercueil