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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Glory (Slava)

(Bulgarie, 2017, 1h47)

Réalisation : Petar Valchanov Kristina Grozeva - Scénario et production : Petar Valchanov et Kristina Grozeva - Photo : Krum Rodrigez - Montage : Petar Valchanov - Costumes : Kristina Grozeva - Distribution France : Urban distribution
Interprétation : Margita Gosheva (Julia), Stefan Denolyubov (Tsanko), Kitodar Todorov (Valeri)
Auteur :

Petar Valchanov et Kristina Grozeva sont nés en Bulgarie respectivement en 1982 et 1976. Ils ont collaboré dès 2008 pour des courts métrages et en 2014 pour un long métrage, The lesson, avec les deux acteurs principaux de Glory. Ce film a obtenu la Flèche d’argent aux Arcs et le Léopard d’or à Locarno.

Résumé :

Tsanko, un cantonnier d’une cinquantaine d’années, trouve des billets de banque sur la voie ferrée qu’il est chargé d’entretenir. Plutôt que de les garder, l’honnête homme préfère les rendre à l’Etat qui, en signe de reconnaissance, organise une cérémonie en son honneur et lui offre une montre.

Analyse :



Les films bulgares sont peu fréquents dans nos salles. Raison de plus pour s’intéresser à cette comédie grinçante dont la corruption est le thème central. Non seulement, au plus haut niveau avec un ministre des Transports qui trafique sur les achats de wagons mais aussi avec les simples cheminots qui siphonnent le fuel des locomotives. Le charme du film vient en grande partie de l’opposition entre les deux principaux protagonistes, un homme et une femme. Tsanko est un cheminot un peu simplet, pauvre et bègue, qui s’intéresse surtout à ses lapins. On le dirait sorti d’Affreux, sales et méchants. Julia, directrice de communication du ministre des Transports est une cadre dynamique, qui ressemble à Inès, l’héroïne de Tony Herman de l’Allemande Maren Ade. Le ton général du film est à la légèreté et à l’humour, l’objet principal du conflit qui va s’installer entre Tsanko et Julia étant une montre à remontoir, de marque Glory, d’où le titre. Elle a été offerte à Tsanko par son père, ce que Julia ignore lorsqu’elle la lui échange contre une montre neuve, lors de la cérémonie organisée par le ministre. Mais cette montre moderne tombe très vite en panne, chose catastrophique pour un cheminot. L’intrigue est bien menée, linéaire et sans fantaisie cinématographique et on suit juste l’évolution des deux personnages avec plaisir. Le cheminot prend conscience des difficultés de la vie moderne et désincarnée en se heurtant à l’administration kafkaïenne de son pays et la jeune femme aux dents longues devient finalement un peu plus humaine. 

Jean Wilkowski