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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Gone girl

(Etats-Unis, 2014, 2h29)

Réalisation : Fincher David - Scénario : Gillian Flynn, d’après son roman « Les apparences » - Photo : Jeff Cronenweth - Direction artistique : Sue Chan, Dawn Swiderski - Costumes : Trish Summerville - Son : Ren Klyce - Montage : Kirk Baxter - Musique : Trent Reznor, Atticus Ross - Production : Cean Chaffin - Cie de production : New regency Pictures, Pacific Standard, Regency Enterprise, Artemple-Hollywood - Distribution France : Twentieth Century Fox France.
Interprétation : Ben Affleck (Nick Dunne), Rosamund Pike (Amy Dunne), Neil Patrick Harris (Desi Collings), Tyler Perry (Tanner Bolt), Carrie Coon (Margo Dunne), Kim Dickens (officer Boney), Patrick Fugit (Jim Gilpin), Emily Ratajkowski (Andie).
Auteur :

Né en 1962 à Denver, David Fincher est un réalisateur et producteur qui a notamment travaillé à Industrial Magic and Light sur les effets spéciaux de Stars wars, Le retour du Gedi et Indiana Jones et le temple maudit et tourné de nombreux spots publicitaires et clips musicaux. Ses principaux longs métrages sont Seven (1995), L’étrange histoire de Benjamin Button (2008), The social network (2010) et Millenium (2011).

Résumé :

Nick Dunne, journaliste au chômage, s’apprête à fêter leurs cinq ans de mariage avec son épouse Amy, auteur à succès, lorsqu’il découvre la maison saccagée et sa femme disparue. Enquête de la police. Effervescence des journalistes. Plus le temps passe, plus le mariage apparemment idéal des Dunne découvre ses failles. Nick devient le suspect numéro un d’un assassinat.

Analyse :



Grâce à son scénario bien écrit et plein de rebondissements, ce thriller qui est aussi un drame psychologique et une satire sociale, procure un très grand plaisir et captive de bout en bout. En ouverture, une main masculine caresse une tête de femme et se demande : « A quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ?. L’histoire du jeune couple qui a quitté Manhattan pour un coin du Missouri est lancée, celle d’une machination diabolique qui fait de Nick, un grand dadais malhabile face aux caméras, l’homme le plus détesté du pays. La chasse à l’homme dont il est alors victime notamment de la part d’une foule de journalistes déchaînés s’inscrit dans le droit fil de La poursuite impitoyable d’Arthur Penn et de Fury de Fritz Lang. Ses révélations embarrassées à la télévision ne sont pas sans rappeler celles de Bill Clinton lors de l’affaire Monica Lewinsky. David Fincher porte, souvent avec humour, une charge terrible à la fois contre l’hypocrisie d’une société nourrie d’illusions et incapable d’aller au-delà des apparences, contre le mariage qui est surtout un enfermement et contre les talk-shows télévisés dévastateurs. Plusieurs personnages féminins sont campés au vitriol, le réalisateur étant servi par des acteurs excellents, y compris dans les seconds rôles. Rosamond Pike est féline et manipulatrice à souhait et l’acteur et dramaturge Tyler Perry, qui interprète l’avocat noir, est brillantissime, notamment lorsqu’il fait répéter à Nick une intervention télévisée destinée à séduire le public et qu’il lui lance des bonbons à chaque bonne réponse. Toute la dernière partie est haletante et l’image d’Amy laissée ensanglantée pendant plusieurs scènes est saisissante, une des techniques qui ont sans doute contribué à classer David Fincher parmi les réalisateurs « visuels ».

Françoise Wilkowski-Dehove