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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Good Luck Algeria

(France – 2015 – 1h30)

Réalisation : Farid Bentoumi - Scénario : Farid Bentoumi – Photographie : Isabelle Dumas – Compositeur : Robin Foster – Son : Olivier Le Vacon – Distribution France : Ad Vitam
Interprétation : Sami Bouajila (Sam) – Franck Gastambide (Stéphane) – Chiara Mastroianni (Bianca l’épouse de Sam) – Hélène Vincent (Françoise la mère de Sam) – Bouchakor Chakor Djaltia (Kader le père de Sam)
Auteur :

Né en France en 1976, Farid Bentoumi a fait des études en arts et communication. D’abord acteur, formé à l'improvisation, il joue Novarina, Beckett, Brecht, Racine, puis met en scène et co-écrit plusieurs pièces. Il tourne ensuite dans de nombreux courts métrages et séries télévisées. Il se lance ensuite dans l'écriture. Après El Migri, documentaire sur sa famille franco-algérienne, il réalise des courts métrages sélectionnés dans de nombreux festivals. Good Luck Algeria est son premier long métrage, présenté en compétition à Montpellier au Cinémed 2015, où il a obtenu le prix du public et le prix du Midi Libre.  

Résumé :

Stéphane et Sam, la quarantaine, copains depuis l’enfance, dirigent ensemble une entreprise qui fabrique des skis de luxe. Mais leur société va mal et est au bord du dépôt de bilan. Ils ont alors une idée pour relancer leur boîte. Sam va participer aux Jeux Olympiques d'hiver en ski de fond, sous les couleurs du pays de son père, l'Algérie. Il va alors en profiter pour retrouver ses origines. Leur stratégie va-t-elle payer ? 

Analyse :



Good Luck Algeria s'inspire de l'histoire du frère de Farid Bentoumi, Noureddine Maurice Bentoumi, qui a fait les Jeux Olympiques d’hiver sous la bannière de l’Algérie à Turin en 2006. Selon le metteur en scène, l'aventure de son frère symbolise parfaitement ce sur quoi il voulait mettre l'accent dans le film, à savoir le fait qu'un personnage franco-algérien habitant en France se lance dans un défi qui va le rapprocher de ses racines. Farid Bentoumi est donc parti de l’histoire de son frère pour ensuite développer une problématique plus vaste autour de la famille, sur laquelle il avait fait déjà un documentaire en 2007. Le détour par la fiction va lui permettre de diversifier les approches. Il explique : Il y a beaucoup de films en un dans Good Luck Algeria : un film sur l’entreprise, un film sur la famille et les racines, un film de sport… C’est un peu une comédie, mais on a aussi beaucoup d’émotions… C’est un film entre la France et l’Algérie, mais l’histoire familiale au coeur du film, cette histoire de transmission, est universelle."

On retrouve donc deux couples représentant une mixité particulière : les parents de Sam (France/Algérie) et Sam lui-même (sa femme est italienne) mais aussi une amitié « mixte » entre Sam et Stéphane. Ils sont tous symbole d’une nouvelle forme « d’identité nationale » forgée dans le travail, la vie de famille, les objectifs communs, mais aussi enracinée dans des souvenirs anciens que l’aventure de Sam va faire émerger. Lorsque le récit suit Sam en Algérie, on a quelques aperçus critiques sur la « nomenklatura » sportive et sa corruption, et des vues intéressantes sur la répartition des terres en milieu rural. Mais là n’est pas l’essentiel qui est la découverte par Sam du passé de son père et de l’amour que ce dernier lui porte…

La dimension comédie n’est pas lourde et l’on sourit très souvent dans les péripéties de cette tentative pour sauver l’entreprise. Les acteurs sont très naturels et font passer une dimension profondément humaine. Un très bon film grand public à voir en famille.  

Maguy Chailley