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Cinéma

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Gravity

(USA – 2012- 1h31)

Réalisation : Alfonso Cuaron – Scénario : A. et Jonas Cuaron - Photo: Emmanuel Lubezki - Décors : Andy Nicholson- Montage : Alfonso Cuaron - Musique : Steven Price - Son : Glenn Freemantle- Distribution : Warner Bros.
Interprétation : Sandra Bullock (docteur Ryan Stone), George Clooney (Matt Kowalsky), Edd Harris (la voix de Houston)
Auteur :

Alfonso Cuaron est né en 1961 au Mexique. Après une longue carrière dans la télévision, il part aux Etats Unis pour réaliser de nombreux épisodes de la série Fallen Angels, et un second long métrage La petite princesse, en 1993 qui lui vaut un grand succès public et critique. Au Mexique en 2001, il réalise Y tu mama tambien, pour lequel il reçoit le prix du scénario à Venise. En 2003, succès international avec Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Avec Les Fils de l’homme, en 2006, il entre dans la science-fiction…

Résumé :

Brillant ingénieur, le docteur Ryan Stone effectue sa première mission dans l’espace. Avec Matt Kowalski, qui est chargé de la guider, ils font une banale réparation à l’extérieur du vaisseau spatial. Mais une pluie de débris s’abat sur eux, qui détruisent la navette et brouillent les communications avec la NASA.

Analyse :



Certains spectateurs cinéphiles se détournent des films de science-fiction, sous prétexte qu‘ils ne sont pas crédibles. On a envie de leur dire d’aller voir Gravity, ce film que Cuaron a mis quatre ans et demie à réaliser. Pourquoi ? Parce que les moyens techniques mis en œuvre pour donner l’illusion de vivre une heure trente dans l’espace, en compagnie d’un homme et surtout d’une femme (qui est le centre de l’histoire) sont une réussite. De plus, le format 3D acquiert ses lettres de noblesse. Le fond sonore est très travaillé, bruits et musique. Loin des scénarios de certains films français, au ras des pâquerettes, des films comme celui-ci nous invitent à rêver (n’est-ce pas une des forces du cinéma ?), mais aussi à réfléchir et à prendre conscience de notre condition humaine. Faisant écho à ce lointain chef d’œuvre qu’est 2001, Odyssée de l’espace, la perdition des deux cosmonautes dans ‘l’espace infini’ qui effrayait Blaise Pascal au XVII è siècle, suscite notre compassion. « Deux orphelins du cosmos loin de la planète mère » titrait un article de journal. L’accident, qui provoque la destruction de la plate-forme spatiale et qui projette le Dr. Stone et Kowalski dans l’espace (mais un cordon les relie encore), provient de morceaux de satellites hors d’usage et de débris de stations abandonnés qui, selon la loi de la gravitation universelle, se déplace dangereusement dans la zone où travaillent les cosmonautes, soutiers du XXI è siècle. Un cosmonaute français, Jean François Clervoy, a souligné le réalisme du film : « Je revivais vraiment mon vol devant l’écran ». Ceci étant dit, parlons de l’aspect poétique du film. La Terre est toute présente à nos yeux, les images magnifiques résultent de photos et films réalisés par des cosmonautes. La Femme apparaît perdue mais ses réflexes de scientifique et sa volonté de survie captent notre regard (Sandra Bullock à la beauté discrète). Extraordinaire est son odyssée qui la mène de la station russe Soyouz à la station chinoise, abandonnées et délabrées. Ces deux stations sont comme le symbole d’un monde réuni dans la désolation, revers de la médaille des ‘conquêtes de l’espace’ ! Et la fin du film n’est-elle pas celle de l’éternel retour à notre terre-mère, où la gravité nous restitue le sens même de notre vie ?

Alain Le Goanvic