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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Hasta Manana

(France – 2014 – 82 min.)

Réalisation : Vidal Olivier et Maggiani Sébastien - Scénario : Olivier Vidal et Sébastien Maggiani – Photographie : Fabrice Richard – Son : Stéphane Gessat – Montage : Dominique Petrot - Musique : Sébastien Cortella, Benjamin Raffaelli - Distribution : Zelig Films Distribution
Interprétation : Amir Ben Abdelmoumen (Nino) – Antoine Gautron (Léo) – Samuel Bousbib (Rodolphe)
Auteur :

Olivier Vidal, 30 ans, est scénariste, acteur, producteur via l’association SO FILMS qu’il a fondée. Il découvre les plateaux de tournage à 16 ans avec la réalisatrice Josée Dayan. Après de nombreux courts métrages il réalise en 2001 son premier long métrage Au loin l’horizon. Sébastien Maggiani est né en 1996. Il est scénariste, acteur, co-fondateur de l’association SO FILMS. Il est le plus jeune réalisateur sélectionné au festival de Cannes puisqu’il présente son premier court métrage, Madame, au Short Film Corner en 2009, alors qu’il n’a que 13 ans. C’est au festival de Cannes 2012 que les 2 jeunes réalisateurs ont fait les rencontres providentielles qui leur ont fourni ensuite un producteur pour ce film à petit budget : 500.000 euros.

Résumé :

Orphelin depuis son jeune âge, Léo grandit au foyer des Cigales. Fragile il s’est réfugié dans l’écriture et rêve d’être lu par son idole de toujours, le réalisateur Claude Lelouch. Inséparable de Nino, jeune adolescent de 12 ans qui réside lui aussi en foyer, il est désespéré lorsque ce dernier disparaît avec le texte de la nouvelle que Léo vient de terminer, lui laissant un mot expliquant les raisons de sa fugue : trouver Claude Lelouch et lui apporter l’histoire…. Au cours de son périple Nino envoie des lettres à Léo.

Analyse :



Film sympathique sur l’amitié de deux adolescents vivant dans un foyer de l’enfance. La construction du film est intéressante, s’appuyant sur un va-et-vient entre le quotidien de Léo au foyer et sa lecture des lettres de Nino, décrivant son périple lorsqu’il monte à Paris dans l’espoir de rencontrer Claude Lelouch. Les séquences illustrant la lecture de ces lettres ont été tournées alors que le scénario n’était pas encore stabilisé ni le budget trouvé. Elles apparaissent en léger flou, sépia, ce qui manifeste bien leur côté irréel.

Lorsqu’un nouvel arrivant dans le foyer, Rodolphe, tente de se lier d’amitié avec Léo, celui-ci le repousse, ne songeant qu’au retour espéré de Nino. On comprend peu à peu que l’administration du foyer n’est guère inquiète de la fugue de Nino ce qui ne manque pas d’intriguer Léo. C’est à la fin du récit que tout s’éclairera….

La vie en foyer d’accueil longue durée est bien montrée, sans noirceur mais sans erreur. Le rôle des éducateurs est clair : rappel des règles mais sans contrainte physique, respect de l’intimité de chacun. Le spectateur qui ne connaît pas ce fonctionnement actuel des foyers peut être surpris s’il est resté sur des images anciennes d’effectifs importants, de violence permanente…. Le propos des réalisateurs est bien de parler d’amitié et de montrer quelques voies possibles d’évasion, par l’imaginaire et l’écriture. Le contexte de ces foyers leur est familier car ils travaillent avec des enfants issus de ces foyers depuis plusieurs années, lors d’ateliers cinéma notamment. Le choix de Claude Lelouch comme figure d’espoir vient de ce que ce dernier a écrit une b.d. dans sa jeunesse, b.d. que justement Léo trouve dans le placard de sa chambre.

On ne peut qu’encourager un tel premier film (pour Sébastien Maggiani) sur un sujet généreux et peu connu.

Maguy Chailley