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Cinéma

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Hope

(France – 2014 – 91 min.) Présenté à Cannes 2014, semaine de la critique et prix des spectateurs 2015 au festival Premiers plans d’Angers

Réalisation : Lojkine Boris et scénario : Boris Lojkine - Image : Elin Kirchfink - Montage : Gilles Volta - Musique : David Bryant - Production : Zadig films.
Interprétation : Justin Wang (Léonard), Endurance Newton (Hope)
Auteur :

Serge Lojkine, né en 1969, est normalien, agrégé de philosophie. Il quitte l’Université et part au Vietnam pour réaliser deux documentaires en 2001 et 2005.Hope est sa première fiction. Ce film a été présenté à Cannes 2014 dans La semaine de la critique et a obtenu le prix des spectateurs 2015 au festival Premiers plans d’Angers.

Résumé :

Alors qu’il traverse le Sahara pour remonter vers l’Europe, Léonard, un jeune Camerounais, vient en aide à Hope, une Nigériane. Dans chaque ville étape, les différentes communautés ont leur ghetto dirigé par une équipe mafieuse qui rançonne ceux qui passent entre leurs mains.  Ils vont tenter de survivre ensemble.

Analyse :



Documentaire ou fiction, c’est le mélange des deux qui rend ce film particulièrement attachant. Les acteurs, tous non professionnels mais vrais migrants, en sont un bon exemple. Pour trouver Léonard, le réalisateur a écumé les ghettos camerounais de Rabat et pour Hope cela fut encore plus compliqué, la quasi-totalité des Nigérianes étant, au Maroc, des prostituées. Est-ce un film d’amour ? Cela n’aurait aucun sens de plaquer une histoire d’amour classique sur un monde où il n’a pas cours. Pendant les deux tiers du film, Léonard et Hope parlent plus d’argent que de sentiments, ils s’accrochent l’un à l’autre sans le désirer, pour eux, c’est la survie qui compte. Ce n’est qu’à la fin, quand le film s’achève, qu’on peut dire que l’on a vu un film d’amour.

La beauté des paysages participe à la force du film, de même les protagonistes parlent souvent des langues différentes ce qui accentue encore la rudesse des rapports entre les personnages.  Une plongée dans un monde que nous ne connaissons pas et cette fine analyse des rapports humains entre les personnages augmente encore, à mon avis, la charge émotionnelle de ce film.

Jean Wilkowski