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Cinéma

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Le village de carton (Il villagio di cartone)

(Italie – 2011 – 1h )

Réalisation : Ermanno Olmi – Dialogues : Gianfranco Ravagi, Claudio Magris – Image : FaErmanno Olmi est italien, né à Bergame en 1931, d'une famille profondément catholique, ce qui marque son œuvre. Réalise d'abord de nombreux documentaires. Il affectionne tout particulièrement le sujet de la condition des hommes au travail, anticipation des caractéristiques humanistes de ses films futurs. Sa carrière s'envole en 1978 avec L'Arbre aux sabots,(Palme d'or au Festival de Cannes, puis César du meilleur film étranger en 1979). Il a réalisé une vingtaine de films de fiction. Sa dernière œuvre, Le village de carton, réalisé en 2011 ne sort sur nos écrans qu’en 2014. Olmi – Musique : Sofia Gubaiduilina – Montage : Paolo Cottignola - Producteur : Luigi Musini – Distribution France : Bodega Film
Interprétation : Michel Lonsdale – Rutger Hauer – Massimo de Francovich – Alessandro Haber
Auteur :

Ermanno Olmi est italien, né à Bergame en 1931, d'une famille profondément catholique, ce qui marque son œuvre. Réalise d'abord de nombreux documentaires. Il affectionne tout particulièrement le sujet de la condition des hommes au travail, anticipation des caractéristiques humanistes de ses films futurs. Sa carrière s'envole en 1978 avec L'Arbre aux sabots,(Palme d'or au Festival de Cannes, puis César du meilleur film étranger en 1979). Il a réalisé une vingtaine de films de fiction. Sa dernière œuvre, Le village de carton, réalisé en 2011 ne sort sur nos écrans qu’en 2014.

Résumé :

Un prêtre assiste, impuissant et désemparé, à la désacralisation de son église. C'est alors qu'un groupe d'immigrés trouve refuge dans le bâtiment. Hôte involontaire de ces clandestins, il s'interroge sur la foi et le sens de sa mission.

Analyse :



Il villagio di cartone d’Ermanno Olmi n’est pas un film « de plus » sur l’immigration et les clandestins. Sa réalisation est contemporaine de celle de Terraferma d’Emanuele Crialese (cf. fiche sur le site Profil) mais avec un propos et un style radicalement différents. En nous montrant un vieux prêtre, dont l’église va être démolie, retrouver courage et détermination, il fait de ce retournement psychologique l’un des focus du film. Rien de naturaliste dans ce récit, mais du symbolique. En faisant de cette église un refuge pour clandestins, ce vieil homme retrouve une des missions essentielles de l’Eglise. Ces hommes et ces femmes, clandestins, pourchassés, surgissent telles des silhouettes bibliques rescapées de la nuit des temps et venues secouer le vieux monde. Il y a beaucoup d’allégories bibliques dans cette histoire. Nous voyons une 'Nativité' une 'Cène', une trahison (référence à Caïn et Judas).

Situé dans un univers clos (l’intérieur de l’église et ses dépendances), le récit n’offre de l’extérieur que l’image, à la télévision, d’un rivage battu par les vagues. Quelques personnages restent énigmatiques : un terroriste, une prostituée au grand cœur... C’est Michel Lonsdale qui joue le rôle du prêtre, très émouvant dans le retour qu’il effectue sur son passé, lors d’une discussion avec un médecin généreux, devenu athée. De très belles images relaient le sens de cette histoire. Ainsi le vitrail « l’œil de Dieu » laissant passer l’eau lors d’un orage, semble verser des larmes...

Maguy Chailley