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Cinéma

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Infiltrator

(USA – 2016 – 1h43)

Réalisation : Brad Furman - Scénario : Ellen Brown Furman - Montage : David Rosenbloom -Musique : Joshua Reis - Production : Good films - Distribution France : ARP sélection
Interprétation : Bryan Cranston (Bob), Diane Kruger (Kathy), John Leguizamo (Emir), Benjamin Bratt (Roberto)
Auteur :

La carrière de Brad Furman débute par des courts métrages, Fast Forxard (2002) et The Stranger (2003) primés dans de nombreux festivals. Il réalisera ensuite : The Take (2007), La défense Lincoln (2011), Players (2011)

Résumé :

L’agent fédéral Bob Mazur a pour mission d’infiltrer le cartel de la drogue de Pablo Escobar qui corrompt l’Amérique des années 80, en se faisant passer pour un habile homme d’affaires spécialisé dans le blanchiment. Il fera équipe avec Kathy Ertz, une nouvelle recrue se présentant comme sa fiancée. Le film est basé sur des faits réels.

Analyse :



Infiltrator est un film d’action américain dans la pure tradition du genre  hollywoodien : grande rigueur, efficacité et professionnalisme. Le metteur en scène multiplie les scènes courtes et denses et le rythme ne faiblit pas une seconde tout au long des deux heures du film. Bien sûr pour un spectateur français qui doit lire les sous-titres et qui n’est pas familier des institutions américaines, il est parfois difficile de tout comprendre. Les acteurs sont d’une belle efficacité en particulier Bryan Cranston qui joue le rôle du flic infiltré et qui a été rendu célèbre dans la série américaine, Breaking Bad. Avec son visage buriné, il est très crédible ainsi que sa partenaire, la belle franco-américaine Diane Kruger, également policière et qui l’accompagne dans un double-jeu très périlleux. Les personnages secondaires sont eux aussi bien campés : les trafiquants colombiens, les banquiers et les flics américains, en particulier la truculente et autoritaire chef de la police. Si la violence est bien présente, elle est surtout suggérée plutôt que montrée, ce qui confère au film beaucoup de vigueur. Bien sûr, il y a quelques morts violentes mais sans hémoglobine comme dans les films coréens ou japonais, ici c’est juste factuel. Un autre côté positif est l’absence de scènes de sexe : cela permet de rester concentré sur le vrai sujet du film. Brad Furman tient en premier lieu à décrire la lutte des autorités américaines contre le cartel colombien de la drogue et pour ce faire, il adopte un angle original. On ne voit pas de drogués ni de cocaïne mais des liasses de dollars. Le film est la dénonciation du blanchiment de l’argent de la drogue et plus que les trafiquants eux-mêmes qui, pour certains d’entre eux, sont présentés presque positivement, ce sont les banquiers voire même les Etats prêts à toutes les compromissions pour détourner à leur profit une partie de la manne financière générée par le trafic qui sont montrés du doigt et c’est cette vision qui donne tout son intérêt au film. 

Jean Wilkowski