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Cinéma

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L'amant d'un jour

(France, 2017, 1h16)

Réalisation : Philippe Garrel - Scénario : Jean-Claude Carrière et Philippe Garrel - Photographie : Renato Bert - Montage: François Gedigier - Distribution France : SBS Distribution.
Interprétation : Eric Caravaca (Gilles), Esther Garrel (Jeanne), Louise Chevillotte (Ariane).
Auteur :

Philippe Garrel est né en 1948. Il est le fils du comédien Maurice Garrel et tombe très jeune dans le cinéma. Son premier long métrage,Marie pour mémoire en 1967, est suivi de 25 films dont Les amants réguliers en 2005, La jalousie en 2013 et L’ombre des femmes en 2013. Il a souvent fait jouer son père et ses deux enfants, Louis et Esther.

 

Résumé :

Blessée par une rupture amoureuse, Jeanne revient vivre chez son père Gilles. Celui-ci vit en couple avec Ariane, du même âge qu’elle. Les deux filles deviennent amies et complices.

Analyse :



Dès les deux premières scènes, nous sommes au cœur du sujet. Dans la première, on voit et on entend Ariane, 23 ans, faire l’amour avec Gilles, son professeur de philosophie, et y prendre beaucoup de plaisir. Juste après, c’est Jeanne, la fille de Gilles, 23 ans aussi, qui pleure à chaudes larmes dans la rue près de ses valises car son ami vient de la mettre à la porte de chez lui. La différence entre les cris de l’une et les sanglots de l’autre est très impressionnante et va orienter la suite de l’intrigue. Nous sommes bien dans l’univers de Garrel qui, depuis 50 ans, filme le sentiment amoureux et ses excès avec, dit-on, un brin d’autobiographie. Les personnages principaux sont les deux jeunes filles, amies mais quand même un peu concurrentes quand il s’agit d’attirer l’attention de Gilles, le père/amant. L’intérêt du film repose sur les relations entre ces deux jeunes femmes qui ont des approches bien différentes du sentiment amoureux. Jeanne croit en un amour exclusif alors qu’Ariane se laisse guider par son instinct et son désir. Après une nuit passée avec un amant de passage, elle le quitte après lui avoir écrit sur un miroir : plus jamais ça ! Devant Gilles, témoin un peu dépassé par les deux femmes, on verra celles-ci aller jusqu’au bout de leurs logiques : l’une passera de l’idylle à la rupture et l’autre de la rupture à l’amour retrouvé. Cette fable est tournée dans un magnifique noir et blanc à la manière des films de la Nouvelle vague, dans des plans sages, sans effets de modernisme. Ici pas de très gros plans ni de caméra à l’épaule. Un beau conte amoureux pour les amateurs de Garrel et de sa famille.

Jean Wilkowski