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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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L'atelier

(France - 2017 - 1h53)

Réalisation : Laurent Cantet - Scénario : Laurent Cantet et Robin Campillo – Image : Pierre Milon – Montage : Mathilde Muyard - Distribution : Diaphana Distribution
Interprétation : Marina Foïs (Olivia Dejazet) Antoine (Matthieu Leccia) Warda Rammach (Malika) Issam Talbi , Florian Beaujean , Mamadou Doumbia, Julien Souve, Melissa Guilbert Olivier Thouret, Lény Sellam
Auteur :

Laurent Cantet est un réalisateur français né en 1961. Après une maitrise d’audiovisuel, il intègre L’IDHEC en 1984 où il se lie d’amitié avec quelques cinéastes comme Dominique Moll et Gilles Marchand. Il décroche son diplôme avec un film de fin d’études Chercheurs d’or. Il réalise ensuite : Ressources Humaines (2000), L’Emploi du Temps (inspiré de l’affaire Romand, 2001), Vers le sud (2005), Entre les murs (Palme d’or à Cannes, 2008), Foxfire, confessions d’un gang de filles (adapté d’un roman de Joyce Carol Oates, 2013) et L’Atelier.

Résumé :

La Ciotat, été 2016, un groupe de jeunes en réinsertion suit un atelier d’écriture avec l’aide d’Olivia, une romancière connue. Le travail d’écriture de ce roman noir va faire ressurgir le passé ouvrier de la ville, le chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n’intéresse pas Antoine. Davantage connecté à l’anxiété du monde actuel, tenté par les idées d’extrême droite, il va s’opposer rapidement au groupe et à Olivia.

Analyse :



Ce film autour d’un atelier d’écriture permet de faire émerger de nombreuses problématiques qui en font toute la richesse. Les différentes motivations des jeunes arrivent à les souder autour de ce projet commun : un roman noir qui se passe à La Ciotat. La mémoire de la ville est encore vivante pour certains, rejetée par d’autres. Ce qui les unit tous c’est le monde de l’image et des réseaux sociaux dans lequel ils baignent, les questions qu’ils se posent sur leur avenir. Mais c’est aussi une fresque socio-politique où les différentes opinions s’affrontent parfois violemment : l’extrême droite, le communisme, le racisme. L’évolution des provocations d’Antoine, le jeu d’attirance-répulsion entre Olivia et Antoine sont très finement exprimés. Le roman n’est finalement qu’un prétexte à une montée en puissance de la violence exprimée dans les paroles, les textes et dans l’attitude d’Antoine qui transforme peu à peu le film en thriller poétique avec une très belle scène sous la lune près de la mer où Antoine semble finalement renoncer à la violence gratuite qu’il exprime dans un dernier texte assez bouleversant. La fin le voit apaisé sur un bateau près de cette mer qui semble être son univers préféré et où son goût de la solitude le mène souvent.

La mise en scène est classique avec beaucoup de gros plans sur les visages et la lumière du sud irradie tout le film.

Catherine Milcamp