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Cinéma

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L'étreinte du serpent (El abrazo de la serpiente)

(Colombie, 2h05, 2015)

Réalisation : Guerra Ciro - Scénario : Ciro Guerra, Jacques Toulemonde - Musique : Nascuy Linares – Chef décoratrice : Angelica Perea - Montage : Etienne Boussac, Cristina Gallego - Photo : David Gallego – Directeur artistique : Ramses Benjumea – Son : Marco Salavarria, Carlos Garcia - Effets spéciaux et postproduction : CINECOLOR - Production : Ciudad Lunar (Colombie) en coproduction Jan Bijvoet : Théo - Brionne Davis : Evan – NiCiro Guerra est né à Rio de Oro (département de Cesar, Colombie) en 1981. Il a étudié à l'Ecole de cinéma et de télévision à l'Université nationale de Colombie. A 21 ans, après quatre court-métrages très remarqués, il écrit et réalise l'Ombre de Bogotá, film sélectionné dans plus de 80 festivals, qui a remporté 15 prix et mentions. Son deuxième long-métrage, les Voyages du vent faisait partie de la Sélection officielle Un Certain Regard à Cannes, en 2009.

Torres : Karamakate (jeune) – Antonio Bolivar : Karamakate (vieux)- Yauenkü Miguee : Manduca NorteSur (Venezuela), MC Producciones et Buffalo Films (Argentine). Distribution : Metropolitan Filmexport

Interprétation : Jan Bijvoet : Théo - Brionne Davis : Evan – NiCiro Guerra est né à Rio de Oro (département de Cesar, Colombie) en 1981. Il a étudié à l'Ecole de cinéma et de télévision à l'Université nationale de Colombie. A 21 ans, après quatre court-métrages très remarqués, il écrit et réalise l'Ombre de Bogotá, film sélectionné dans plus de 80 festivals, qui a remporté 15 prix et mentions. Son deuxième long-métrage, les Voyages du vent faisait partie de la Sélection officielle Un Certain Regard à Cannes, en 2009.

Torres : Karamakate (jeune) – Antonio Bolivar : Karamakate (vieux)- Yauenkü Miguee : Manduca

Auteur :

Ciro Guerra est né à Rio de Oro (département de Cesar, Colombie) en 1981. Il a étudié à l'Ecole de cinéma et de télévision à l'Université nationale de Colombie. A 21 ans, après quatre court-métrages très remarqués, il écrit et réalise l'Ombre de Bogotá, film sélectionné dans plus de 80 festivals, qui a remporté 15 prix et mentions. Son deuxième long-métrage, les Voyages du vent faisait partie de la Sélection officielle Un Certain Regard à Cannes, en 2009.

Résumé :

Le film raconte l'histoire et la vie d'un chaman amazonien, vivant seul dans les profondeurs de la jungle amazonienne et sa rencontre à quarante ans d'intervalle avec deux explorateurs européens. Le premier, un ethnologue, arrive en Amazonie dans les années 20, le second, un botaniste dans les années 60, sur les traces du premier. Ils sont tous deux à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante, possédant la vertu de guérir et d'apprendre à rêver. Ils sont guidés par le même homme, Karamakate.

Analyse :



Ce film magnifique, tourné dans un noir et blanc somptueux, nous fait voyager en Amazonie colombienne que nous découvrons du point de vue de l'Indien et non pas de celui de l'Européen, comme l'avaient adopté des cinéastes comme Werner Herzog dans Fitzcarraldo ou John Boorman dans La forêt d'émeraude. Le film mêle deux histoires qui se passent sur le même fleuve, comme si ces deux temporalités coexistaient. Le réalisateur colombien s'est inspiré des carnets de route de deux explorateurs occidentaux, l'ethnologue allemand Theodor Koch-Grünberg (1872-1924) et l'ethnobotaniste Richard Evans Schultes (1915-2001). Ce film est aussi le voyage intérieur de chacun des personnages, à la recherche de sa propre vérité et notamment de Karamakate qui va, peu à peu, renouer avec son identité que la solitude a fini par dissoudre. Au gré de la navigation en pirogue, nous découvrons les ravages perpétrés par les Occidentaux, à la recherche de l'hévéa, pour le caoutchouc, et les atrocités commises par les pères missionnaires au nom de l'évangélisation. Ici la rationalité occidentale n'a pas court. Le blanc et l'indien ne perçoivent, ni le temps, ni l'espace sous le même angle. Ils se retrouvent cependant sur la « fonction » du rêve qui est la seule issue possible pour retrouver sa route... C'est à la fois un grand film d'aventure et un film témoignage, qui se situe entre le documentaire et la fiction, au message écologique et historique. Il aborde des thèmes comme la contemplation, le dépouillement, le rêve et l'intuition. Un des films forts et originaux de 2015.

Dominique Sarda