Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

La Vie domestique

(France – 2013 – 1h. 33)

Réalisation : Isabelle Czajka - Photo : Renaud Chassaing – Montage : Isabelle Manquillet – Son : Guillaume Valeix – Musique : Eric Neveux - Production : Agat Films & Cie - Distribution : Ad Vitam
Interprétation : Emmanuelle Devos (Juliette), Julie Ferrier (Betty), Natacha Régnier (Marianne), Hélèna Noguerra (Inès), Laurent Poitrenaux (Thomas), Michaël Abiteboul (Gregory), Sava Lolov (Bertrand), Marie-Christine Barrault (Nicole)…
Auteur :

Isabelle Czajka est née à Paris en 1962. Elle réalise un premier film documentaire, en 1998, Tout à inventer . Son premier long métrage, L’année suivante , reçoit un prix au festival de Locarno en 2002. Son deuxième film, D’amour et d’eau fraîche , sort en 2010.

Résumé :

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, dans une banlieue aisée, protégée du monde extérieur. Juliette habite depuis peu ce nouveau quartier. Elle rencontre des connaissances, une ancienne copine de classe, en amenant ses enfants à l’école. Elle tente d’obtenir un rendez-vous pour un travail qui représente beaucoup pour elle.

Analyse :



Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, dans une banlieue aisée, protégée du monde extérieur. Juliette Dès les premières images, le film nous fait entrer dans l’univers de Juliette, que nous suivons pas à pas dans sa journée d’épouse, de mère et de femme. Après son déménagement, elle doit s’adapter à son nouvel environnement, recréer un cercle d’amis et de connaissances, aider les enfants à s’intégrer à l’école. Et puis surtout, trouver un boulot dans lequel elle rêve de s’épanouir. Mais son rendez-vous crucial pour une embauche possible est rendu fort aléatoire par les diverses tâches domestiques sans grande portée qui la brident comme des chaînes invisibles. Une vraie toile d’araignée dans laquelle elle se débat, calmement, à sa manière ferme et volontaire. Elle a une vraie personnalité, Juliette. Et un vrai but dans la vie : réussir toutes les facettes de son existence, sans que l’une étouffe les autres. Véritable gageure que celle de mener de front l’organisation de la réception du soir, de la récupération des enfants, école plus crèche, sans compter sa rencontre avec l’ami qui la met en relation avec l’éditeur, son futur patron potentiel. Un emploi du temps programmé à la seconde près, qui dérape au premier grain de sable : la baby-sitter ne peut pas venir chercher la petite à la crèche, et tout s’enchaîne pour faire échouer ses plans. Les autres femmes du quartier, épouses riches de cadres insipides et plutôt infantiles, ont renoncé à leurs ambitions, l’une se noie dans la propreté au point de frôler l’hystérie, l’autre laisse sa maison sombrer dans le sordide. Aucune ne respire le bonheur, pas même un soupçon de plaisir. Mais où est passée la libération de la femme ? Est-ce pour en arriver là, à ce triste constat régressif que les femmes de mai 68 se sont battues bec et ongles ? Outre la tristesse de cette vision de la femme, ce film trop froid, trop léché, trop manichéen, peine à convaincre. Les actrices sont excellentes, en particulier Emmanuelle Devos, que l’on regarde marcher, penser, s’agiter et se débattre avec la grâce qui la caractérise. Mais on en ressort frustré que sur un tel sujet, la réalisatrice aligne tant de clichés. La femme, en 2013, même petite bourgeoise, même parquée dans une zone hyperprotégée, a quand même plus de personnalité, plus de ressources ! Du moins, c’est ce que l’on voudrait croire …

Catherine Forné