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Cinéma

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La jeune fille et son aigle

(Documentaire - Mongolie/Grande Bretagne/USA – 2016 - 1h27)

Réalisation : Otto Bell - Langues : anglais – kazakh - Producteurs : Otto Bell, Stacey Reiss, Sharon Chang - Production : Morgan Spurlock
Interprétation : Daisy Ridley (narratrice en V.O) Aisholpan Nurgaiv (la fillette), Rys Nurgaiv (son père).
Auteur :

Otto Bell (né en 1981) est un réalisateur britannique originaire du nord de l’Angleterre.  Diplômé d’Oxford, il vit aujourd’hui à New-York. La Jeune Fille et son Aigle (The Eagle Huntress)  est son premier film. Il a conquis le public et les jurys d’une dizaine de festivals dont Sundance et Toronto. Il a été couronné  du prestigieux  British Academy Film Award du meilleur documentaire.

C’est en découvrant sur un site de la BBC une photo de la fillette embrassant un aigle royal qu’Otto Bell décide de partir séance tenante pour la Mongolie, bien décidé à rencontrer Aisholpan et à raconter son histoire.

Résumé :

Aisholpan, la petite Mongole, a tout juste 13 ans. Fascinée par son papa qui entraîne des aigles pour la chasse au renard, elle veut elle aussi devenir chasseur à l’aigle. C’est faire bon marché de la tradition millénaire des tribus kazakhes qui considèrent que ce sport est l’apanage des garçons. Mais Aisholpan a un tempérament de feu et un papa en or qui croit de tout son cœur au talent et au courage de sa fille chérie. Tout en menant sa vie de fillette dans la yourte familiale, d’écolière au milieu de ses amies, Aisholpan se consacre avec passion à l’élevage du jeune aigle que son père l’a aidée à capturer très haut dans la montagne, sur un éperon rocheux, dans un paysage à couper le souffle.

Analyse :



C’est un film époustouflant ! Tout d’abord parce que le tournage a été une véritable aventure : Otto Bell et son équipe ont eu à faire face à des conditions géographiques et climatiques (jusqu’à moins 50° en février) particulièrement difficiles. Le matériel a du être casé dans un petit avion pour les prises en haute montagne. Ils ont réussi à fixer une mini-caméra sur l’aigle lui-même pour avoir son point de vue !

Une autre raison est la beauté saisissante des paysages des hauts plateaux de Mongolie : grandioses, sauvages, somptueux. La séquence de la capture du jeune aigle dans son nid est impressionnante. En juillet, à peine arrivé, Otto Bell filme Aisholpan encordée qui descend en rappel une falaise abrupte pour pouvoir s’approcher du nid d’aigle et  se saisir de l’oiseau sans l’effrayer, sans le blesser. Très belle aussi la séquence de la chasse hivernale au renard par un froid polaire marquée par des heures de chevauchée dans une neige profonde ou sur des étendues verglacées : Aisholpan galope, son aigle (8 kg) sur le bras et elle exulte de bonheur.

Mais plus encore que pour l’exploit de ce tournage, plus que pour la beauté des paysages, c’est pour la fillette elle-même qu’il faut aller voir ce film : ses yeux noirs, réduits à une fente, lancent des étincelles de bonheur, son sourire est éblouissant dans son visage tout rond, rosi par le froid.  Chaudement vêtue, un bonnet de fourrure sur ses cheveux longs, il faut la voir galoper à toute allure sur son petit cheval à robe claire à travers l’immense steppe mongole, avec sur son bras, protégé par un épais gant de cuir, un aigle royal : son aigle.  Aisholpan s’est entraînée pendant des jours et des jours, jusqu’à ce que son papa la présente au grand Festival  annuel de l’aigle royal : elle est la seule fille et elle remporte les épreuves. C’est ainsi qu’en toute innocence, elle bouscule sérieusement une tradition millénaire, un mode de vie ancestral qui a de tout temps décidé de ce qui revient aux hommes, et pas aux femmes…Le bonheur de la fillette est contagieux : en sortant de la salle, nous nous retrouvons, surpris, porteurs de quelques étincelles du  bonheur d’Aisholpan.

Un film à voir de 7 à 107 ans.

Françoise Lods