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Cinéma

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La peau de Bax (Schneider vs. Bax)

(Pays-Bas – 2015 - 96 minutes)

Réalisation : Van Warmerdam Alex - Scénario, musique : Alex Van Warmerdam - Montage : Job ter Burg - Photo : Tom Ersman - Production : Marc van Warmerdam - Distridution : Potemkine films
Interprétation : Tom Dewislaere (Schneider), Alex van Warmerdam (Bax), Maria Kraakman (Franscisca)
Auteur :

Alex van Warmerdam est né à Haarlem en 1954. Il fait des études de peinture avant de se lancer dans le théâtre où il a une carrière de metteur en scène. Son premier long métrage est Abel en 1986 et il se fera connaître grâce à Les Habitants en 1992 et surtout avec Borgman présenté à Cannes en 2013. La peau de Bax est son 9ème film.

Résumé :

Schneider,qui est apparemment un bon bourgeois hollandais mais est en fait un tueur à gages, reçoit un contrat contre Bax, un écrivain paumé. Une simple routine qui ne va pas du tout se passer comme prévu.

Analyse :



Les premières scènes se passent dans une belle maison moderne où vit Schneider avec sa femme et ses deux petites filles, toutes belles comme des gravures de mode. Mais, comme dans le précédent film du réalisateur, Borgman, le décalage va vite apparaitre puisque le personnage central est un tueur à gages et qu’il a un contrat contre Bax, à réaliser le jour même. Bax, lui, est l’opposé de Schneider. Il vit dans une maison en bois au milieu des roseaux, boit et se drogue mais… c’est aussi un tueur à gages. Sans que l’on sache pourquoi, il est aussi en charge d’un contrat contre Schneider. Le titre original du film est d’ailleurs Schneider vs Bax ce qui est bien plus explicite. Le thriller, ou plutôt le western, est en place. Van Warmerdam est manifestement bien capable de le mener à bien. Il connait tous les trucs pour le réussir et il sait faire monter le suspense. Il s’aide à merveille du décor, composé de la maison toute blanche au milieu d’une marée de roseaux verts bien angoissants. Mais ce serait sans compter sur le désir de l’auteur de nous surprendre, de ne pas se prendre au sérieux et de son goût du loufoque. Ainsi, plusieurs fois, Schneider en pleine action reçoit un coup de téléphone de sa femme lui demandant s’il veut de la viande ou du poisson pour diner. De même, on voit entrer en scène des personnages annexes qui font obstacle au conflit principal : une fille dépressive, une prostituée menacée par son souteneur et qui va devenir sa complice, un grand-père lubrique qui va se faire assassiner par sa petite fille alors qu’il tentait de la violer, un garde rural spécialement crétin, l’ancienne petite amie de Bax. Ils débarquent tous par surprise et viennent complexifier l’intrigue et transformer ce film noir en un vaudeville plein de visions noires et inquiétantes. On pourrait être tenté de voir dans cette superbe pochade une charge contre le mode de vie d’une certaine bourgeoisie hollandaise comme cela fut le cas dans les précédents films de van Warmerdam, Les habitants ou Borgman. Je ne le pense pas pour ce film qui s’inscrit dans la droite ligne de Hellzapoppin, des Marx Brothers ou de Monty Pythons. Ces glorieux prédécesseurs ne peuvent que vous donner l’envie de voir ce film.

Jean Wilkowski