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Cinéma

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Le Caire Confidentiel (The Nile Hilton Incident)

(Suède/Danemark/Allemagne – 2016 -1h50)

Réalisation : Tarik Saleh - Scénario : Tarek Saleh- Montage : Their Schmidt – Photo : Piem Aïm – Son : Frederik Jonsäter – Musique : Kristen Linder – Distribution : Memento Films
Interprétation : Fares Fares (Noureddine), Yaser Ali Maher (Kamal Mostafa), Mari Malek (Sahwa), Hanna Amar (Gina), Slimane Dazi (l’inconnu des services secrets)
Auteur :

Tarik Saleh est né en 1972 à Stockholm, de nationalité suédoise mais d’origine égyptienne. A fait ses études supérieures en Egypte. Ses talents artistiques l’ont amené à réaliser des « graffiti » dont le très apprécié Fascinate. S’est tourné vers le cinéma, avec deux documentaires salués par la critique et primés (Che Guevara, Guantanamo). Le Caire Confidentiel est son troisième long-métrage. Primé aux festivals de Sundance et de Beaune (Grand Prix du Public).

Résumé :

Au Caire quelques semaines avant la révolution de 2011, un inspecteur est chargé d’enquêter sur le meurtre d’une chanteuse. Il apprend rapidement qu’un homme, amant ou client occasionnel de cette femme, est impliqué dans le meurtre, mais proche du Président, il semble intouchable.

Analyse :



Nous sommes dans un thriller social, comme on aimerait en voir plus souvent au cinéma. Dans un univers de corruption et de crime, couverts par le pouvoir tentaculaire, alors que règne au Caire un climat prérévolutionnaire, l’inspecteur Noureddine, qui a les allures nonchalantes de Marlowe, va essayer de faire son travail d’enquêteur. L’ambiance du film « noir » est très bien restituée avec la femme fatale (Gina, irrésistible), le chef de la police véreux et les personnages dont on ne sait de quel côté ils sont ! Noureddine n’est pas très clair non plus, avec quelques petits trafics. Mais son obstination renverse les obstacles…jusqu’au moment où la multitude des manifestants envahit les rues. Le réalisateur n’a pas eu l’autorisation de tourner au Caire et a été forcé de quitter le pays. L’action se situe donc à Casablanca, mais par un montage subtil, on se croit tout le temps au Caire (en particulier sur la place Tahrir). Les séquences nous plongent dans les quartiers pauvres, les maisons vides et délabrées, le film prend souvent un caractère documentaire. A la manière de Francesco Rosi (L’Affaire Mattei, Cadavres exquis), mais aussi de certains films américains (Les trois jours du Condor), l’imbrication de l’histoire proprement policière et des implications politiques (y compris les services secrets), le tout débouchant sur un événement historique récent (Le Printemps arabe), rendent ce film passionnant. Un nouveau cinéaste se révèle. Signalons que le film de Tarner El SaÏd, Derniers jours d’une ville, son premier long métrage, est sorti sur les écrans. C’est un documentaire très personnel qui évoque Le Caire en 2009 et les prémices de ce qui deviendra la Révolution populaire sociale et politique. Deux démarches différentes qui témoignent du même combat.

Alain Le Goanvic