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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Le coeur régulier

(Belgique /Canada /France) - 2016 – 95')

Réalisation : D'Alcantara Vanja - Scénario : Vanja d'Alcantara (d’après le roman d’Olivier Adam) - Image : Ruben Impens – Montage : Ludo Troch - Musique originale : Serge Nakauchi Pelletier - Son : Laurent Lafran
Interprétation : Isabelle Carré (Alice), Jun Kunimura (Daïsuke), Niels Scheider (Nathan), Fabrizio Rongione (Léo), Mugi Kadowaki (Hiromi), Masanobu Ando (Jirô)
Auteur :

Vanja d’Alcantara est née à Bruxelles en 1977. Après avoir étudié l’Histoire et la réalisation cinématographique, elle passe une année à la New York University. Elle réalise deux courts métrages : Tercera Vida en 2004 et Granitsa en 2006, puis son premier long métrage Beyond the Steppes en 2010, primé au Festival International du Film de Marrakech et nominé meilleur film aux Magritte du cinéma belge.

Résumé :

Alice, la quarantaine, vit dans une bulle entre son travail, son mari, ses deux enfants adolescents et sa maison d’architecte dans un quartier neuf de Sète. Quand son frère Nathan qu’elle vient juste de retrouver décède dans un accident de moto, elle décide de partir sur ses traces dans une île japonaise hors du temps où elle rencontre Daïsuke un ancien policier aux activités très particulières.

Analyse :



Après Je vais bien ne t’en fais pas par Philippe Lioret, Poids Légers et A l’Abri de Rien par Pierre Améris, et enfin Des Vents Contraires par Jallil Lespert, c’est le quatrième roman d’Olivier Adam paru en 2010 porté à l’écran.

Le film s’ouvre sur le regard dans le vague et le visage fatigué d’Alice derrière la vitre de son immense bureau ultra moderne.

Dans la première partie, la façade d’une vie matérielle réussie n’arrive pas à cacher une forme de mélancolie, d’absence. Elle semble privée de sentiments et d’émotions, une morte-vivante en quelque sorte. L’arrivée inattendue de son frère adoré, solaire et généreux, en un mot son négatif, va la réveiller. Et sa disparition accidentelle la conduira sur ses traces, dans l’île japonaise où il avait trouvé l’apaisement, dans un voyage spirituel qui va changer sa vie.

Loin du Japon urbain ou touristique bruyant et surpeuplé, la deuxième et majeure partie du film se déroule dans un lieu magique, sur une des îles Oki, en pleine mer du Japon, connue pour la beauté de ses falaises volcaniques vertigineuses d’où se jettent de nombreuses personnes pour en finir avec la vie si elles n’ont pas eu la chance de croiser Daïsuke (un personnage réel), qu’Alice va rapidement rencontrer. Nous l’accompagnons avec la caméra mobile de Vanja d’Alcantara sur son chemin initiatique, sa traversée d’un monde à un autre, dans cet environnement à la fois magnifique et hostile. Il y a les images superbes, les bruits de la nature, beaucoup de silences aussi dans ce film où les mots et les dialogues n’en sont que plus forts. Les balades, les rencontres de Daïsuke et de ses pensionnaires vont provoquer chez elle un éveil et un épanouissement que nous pouvons comprendre et partager.

La dernière image du film : le joli visage d’Alice, jeune, souriante, heureuse…

Claude Bonnet