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Cinéma

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Le divan de Staline

(France, 2017, 1h32)

Réalisation : Fanny Ardant - Scénario d’après le roman éponyme de Jean-Daniel Baltassat : Fanny Ardant - Montage : Julie Dupré - Costumes : Lucha D’Orey - Producteur: Paolo Branco - Distribution France : Alfama Films
Interprétation : Gérard Depardieu (Staline), Emmanuelle Seigner (Lidia), Paul Hamy (Danilov)
Auteur :

Fanny Ardant, née en 1949, est d’abord comédienne. François Truffaut lui donne son premier grand rôle dans La femme d’à côté (1981, avec Gérard Depardieu), avant de l’épouser. Elle a joué dans 81 films puis s’est tournée vers la réalisation en 2008 avec Cendres et sang. Le divan de Staline est son quatrième film.

Résumé :

En 1950, trois ans avant sa mort, Joseph Staline, Petit Père des Peuples et camarade généralissime, est au sommet de sa gloire. Il se retire trois jours, avec ses conseillers et serviteurs, dans un château caché au cœur de la forêt. Il y retrouve sa maîtresse, Lidia. Il y a aussi Danilov, un jeune peintre choisi pour réaliser un monument à sa gloire. Trois jours qui scelleront le destin de chacun.

Analyse :



Fanny Ardant fait ici la démonstration de ce que peut être un pouvoir absolu qui frise la folie. D’abord, il y a l’ambiance: une forêt sombre, enveloppée d’un brouillard épais. Un château inquiétant rempli de gardes armés, où tout le monde a peur. Arrive l’ogre qui dit : «  Tout finit par se corrompre même ce qui a été purgé et récuré en profondeur ». Il en fait d’ailleurs la démonstration en condamnant à mort de prétendus espions saboteurs sionistes. Il déporte aussi en Sibérie le responsable des projections cinématographiques qui lui avait montré un western et L’ange bleu: nul ne doit être témoin des faiblesses du tyran. L’atmosphère mêlée de ferveur religieuse et de crainte mortelle qui gravite autour de lui est très bien décrit et filmé. Face au vieux dictateur, il y a surtout Lidia, sa maîtresse depuis 27 ans, à qui il a décidé de faire jouer le rôle de Freud, ‘le grand charlatan viennois’, comme Staline l’appelle. Pour cela il a fait installer un divan identique à celui du célèbre psychanalyste à Londres. Tout est en place pour un cruel jeu du chat et de la souris où, bien sûr, la souris n’a aucune chance. Un autre jeu va se mener entre Staline et Danilov, artiste doué mais sans scrupules et, là aussi, la lutte sera sévère et passionnante. Gérard Depardieu est une montagne qui se déplace, imposant et magnifique ; son rôle est taillé pour lui et sa mégalomanie. Emmanuelle Seigner, dans le personnage de Lidia, doit faire preuve d’intelligence, en plus de sa beauté, pour essayer de contrer le monstre en face d’elle. Un spectacle pervers et fascinant qui vous tient en haleine dès les premières minutes.

Jean Wilkowski