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Cinéma

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Le loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street)

(Etats Unis, 2013, 2h59)

Réalisation : Martin Scorsese Scorcese - Scénario: Terence Winter - Photo: Rodrigo Prieto - Montage: Thelma Schoonmaker - Compositeur: Howard Shore - Décoration: Bob Shaw -Production: Appian way, Sikelia production - Distribution France: Metropolitan Filmexport .
Interprétation : Leonardo di Caprio (Jordan Belfort), Jonah Hill (Donnie Azoff), Margot Robbie (Naomi Lapaglia), Matthew McConaughey (Mark Hanna), Kyle Chandler (Patrick Denham), Rob Reiner (Max Belfort), John Berntal (Brad), John Favreau (Manny Riskin), Jean Dujardin (Jean-Jacques Saurel), Joanna Lumley (Tante Emma), Christin Milioti (Teresa Petrillo), …
Auteur :

D’origine sicilienne, Scorcese passe son enfance dans le quartier Little Italy de New york qui lui inspirera de nombreux films. Il obtient la palme d’Or à Cannes en 1976 pour Taxi driver et le prix de la mise en scène en 1986 pour After hours ; le Lion d’argent à Venise en 1990 pour les Affranchis, et l’Oscar du meilleur réalisateur pour les Infiltrés en 2007.

Résumé :

C’est l’histoire, d’après ses mémoires, de Jordan Belfort, courtier en Bourse à New York à la fin des années 80. Jeune homme pressé de réussir et de vivre intensément, il va abdiquer toute morale et se livrer à de spectaculaires et malhonnêtes manipulations financières et à une vie de corruption et d’excès : l’argent, le pouvoir, les femmes, la drogue. Et pour le « Loup de Wall Street » et sa meute « trop n’est jamais assez… »

Analyse :



C’est une comédie de mœurs au vitriol que nous propose Scorcese -40 ans après la révélation de Mean Streets-, un pamphlet hyperréaliste endiablé qui baigne, 3h durant, le spectateur dans un humour corrosif et dévastateur et dépeint avec allégresse notre triste humanité en proie aux 3 démons qui l’excitent et la détruisent -le Dollar, la Drogue et la Débauche. Ayant fondé sa propre société, et devenu multimillionnaire avant 30 ans, Belfort succomba à ces démons avant d'être condamné à 20 mois de prison en raison de son refus de collaborer avec les autorités dans le cadre d'une gigantesque arnaque financière. Mené à bride abattue, le scénario de Terence Winter, - réputé pour la série télévisée Les Soprano -, arrive presque constamment à tenir en haleine un public fasciné par la performance inquiétante mais jubilatoire de Leonardo di Caprio qui, dans cette 5ème collaboration de l’acteur avec le maître, campe dans sa course arrogante à l’abîme un Belfort survolté dont la voix off ponctue les épisodes, comme celle de de Niro dans Taxi driver. Ce sont essentiellement des personnages masculins que se plait habituellement à dessiner le réalisateur et dans ce film, la bande à Belfort, misérable cour des miracles lorsqu’il la constitue, se transforme sous sa baguette en une garde rapprochée servile et attendrie qui règne sur plus de 1000 courtiers ! Au delà de la forme caricaturale et grotesque de l’œuvre, on retrouve l’attrait de Scorcese pour les univers marginaux à l’éthique dévoyée : ce sont ici les ressorts de la criminalité financière qui sont démontés, avec l’accent mis davantage sur les conséquences du pêché pour leurs auteurs que sur le préjudice subi par les victimes. Travaillée et montée de façon aussi savante que les images, la bande originale du film est riche d’une cinquantaine de musiques de toute provenance -jazz, folk, chansons, et même un air du Roi Arthur de Purcell.

Jean-Michel Zucker