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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Le prix à payer (The price we pay)

(Canada – 2014 - 1h33)

Réalisation : Crooks Harold - Scénario : Brigitte Alepin (fiscaliste canadienne, auteur du livre La crise fiscale qui vient) et Harold Crooks - Photo : Alex Margineanu - Montage : Louis-Martin Paradis - Ingénieurs du son : Olivier Léger, Patrick Mauroy - Musique : Ramachandra Borcar - Production : InformAction Films, Nathalie Barton - Distributeur France: ARP Selection
Interprétation :
Auteur :

Harold Crooks est un journaliste, écrivain et réalisateur de films documentaires canadiens engagés, tels que The Champagne Safari (1995), The corporation (2003), The world stopped watching (2003), Surviving progress (2011). Il a également écrit « La bataille des ordures » (1984).

Résumé :

Grâce à l’héritage de la colonisation, la City londonienne a été et est à l’avant-garde dans le vaste système d’évasion fiscale off shore pratiqué par les grandes compagnies, qui amplifie et creuse l’écart entre les privilégiés et le reste du monde. Il serait temps de trouver des règles car le prix à payer pourrait être la mort des démocraties.

Analyse :



Ce documentaire passionnant apparaît comme un tract destiné à mobiliser les démocrates et hommes de bon sens, face à l’émergence d’une nouvelle aristocratie richissime qui utilise à chaque instant les moyens les plus légaux pour garder le contrôle d’un argent, invisible mais réel, au détriment des quelque six milliards de Terriens. Sans être original dans la forme, il est explosif dans le contenu car il donne la parole à des spécialistes reconnus et à d’anciens responsables dans le domaine de l’évasion fiscale en vue de trouver une issue positive à ce fléau. De 21.000 à 32.000 milliards de dollars, soit l'équivalent de 10 à 15 % du patrimoine financier mondial : telle est l’estimation de l'argent caché dans les paradis fiscaux fin 2010. Selon l’une des économistes interrogées, « l’âge d'or de l'État libéral, de l'État-providence, c'est fini. Le contrat social est rompu.» La part de l’argent redistribué au profit des services publics, prestations sociales, retraites, etc. diminue graduellement depuis les années soixante-soixante-dix. Alternant effets spéciaux, images d'archives et témoignages d'experts ayant travaillé dans des banques d'affaires ou des cabinets de consultants, Harold Crooks explique le système de finance offshore. Principaux accusés: la City de Londres et les dépendances de la couronne (Jersey, Guernesey, l'ile de Man, les îles Caïmans…). Comment depuis cinquante ans les banquiers londoniens ont, en utilisant des failles de la loi, créé des paradis fiscaux dans les anciennes colonies de l'empire britannique. Comment les grandes multinationales, les géants du numérique, Amazon, Google, Apple, recourent à une armée d'avocats et de fiscalistes pour réduire leurs impôts à presque rien. Selon l'OCDE, 75 % de leurs profits sont localisés en Suisse, à Singapour et aux Caïmans. Ces pratiques sont légales, se défendent les accusés. «On ne vous accuse pas d’être illégal. On vous accuse d’être immoral!». réplique la parlementaire britannique Margaret Hodge, présidente d’une commission d’enquête. Dans cette situation où le monde semble aller dans le mur, et « où la richesse des multinationales n'a plus d'adresse fixe », la démocratie, souligne Harold Crooks, « ne peut être préservée que si nous agissons en coopérant au-delà des frontières».

Françoise Wilkowski-Dehove