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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Le prodige (Pawn sacrifice)

(USA – 2014 – 1h54)

Réalisation : Zwick Edward - Scénario : Stephen J. Riveles, Christopher Wilkinson, Steven Knight - Montage : Steven Rosenblum - Musique : James Newton Howard - Production : Gail Katz, Toby Maguire et Edward Zwick - Distribution : Metropolitan Filmexport
Interprétation : Tobey Maguire (Bobby Fisher), Liev Schreiber (Spassky), Michael Stuhlbarg (Paul Marshall), Peter Sarsgaard (Père Bill Lombardy)
Auteur :

Né dans l’Illinois (Etats-Unis), Edward Zwick est réalisateur et producteur. Il est diplômé de Harvard en littérature et a été nommé au Golden Globe Award du meilleur réalisateur en 1989, avec Glory, un film sur la guerre de Sécession qui a eu trois Oscars. Parmi sa filmographie, on compte aussi : Le dernier samouraï (2003), Blood Diamond (2006), Les insurgés (2008) et Love et autres drogues (2010).

Résumé :

Il s’agit de l’histoire de Bobby Fischer (1943-2008), le prodige américain des échecs qui fut opposé au Soviétique Boris Spassky, pour « le match du siècle », considéré, en pleine période de Guerre froide, comme un défi lancé par l’Amérique à l’URSS . C’était en 1972 à Reykjavik, en Islande. L’affrontement dura des semaines et se conclut par la victoire de Fischer qui interrompait une hégémonie soviétique de 24 ans sur les échecs.

Analyse :



Edward Zwick a réalisé avec beaucoup de réalisme et de vigueur un biopic très intéressant sur le plan documentaire et historique. La reconstitution est très soignée. On voit Bobby Fischer, Mozart des échecs, devenir peu à peu -- la Guerre froide s’étant durcie dans les années 1970 -- l’espoir des USA face au talent traditionnel des Russes en la matière. Mais Fischer, qui vivait avec sa mère et avait peur des femmes, était aussi terriblement fragile et incapable d’assumer une vie hors des échecs, ce qui rendait ses relations avec les autres exécrables. Sa santé mentale se détériora et il montra de plus en plus de signes d’une paranoïa, alimentée par la pratique des écoutes venues de Moscou. Il avait notamment l’habitude de démonter les téléphones pour chercher les micros dans ses chambres d’hôtel. Le film s’appuie sur la préparation de la fameuse partie qui désigna le champion du monde dans la capitale islandaise. Fischer se montra très exigeant dès le début et boycotta la deuxième partie pour protester contre tous les bruits qui l’empêchaient de se concentrer. Il obligea même les organisateurs à déplacer le tournoi dans une salle de ping-pong, plus calme, les journalistes et leurs caméras étant placés loin de l’échiquier. Le monde entier suivit ce feuilleton avec haleine et le président des USA lui-même, Richard Nixon, lui téléphona pour l’encourager. Fischer réussit à l’emporter sur Spassky largement --12 ½ contre 8½ -- le déstabilisant par des coups inédits qui firent l’admiration du monde des échecs et de Spassky lui-même. Mais après cette heure de gloire il devait finir tristement, malade, après s’être exilé en Islande.

Françoise Wilkowski-Dehove