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Cinéma

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Le sens de l'humour

(France- 2013 - 82 minutes)

Réalisation : Marilyne Canto Canto - Scénario : Maryline Canto et Maud Ameline - Montage : Yann Dedet, Thomas Marchand - Son : Olivier Peria - Production: Christmas in July
Interprétation : Maryline Canto (Elise), Antoine Chappey (Paul), Samson Dajczman (Léo)
Auteur :

Maryline Canto a débuté sa carrière comme comédienne avec Chabrol et Robert Guediguian. Elle a aussi été l’assistante de Philippe Garrel dans Le cœur fantôme et a réalisé plusieurs courts métrages dont Fais de beaux rêves qui reçoit le César du meilleur court-métrage en 2005. Le sens de l’humour est son premier long métrage.

Résumé :

Elise vit seule avec Léo, son fils de 10 ans dont le père vient de mourir. Elle entretient une liaison avec Paul mais leur relation est chaotique avec alternance de bonheurs et d’orages. Ces trois personnages finiront au fil du temps par se comprendre et s’apprécier.

Analyse :



La réalisatrice bâtit un film intimiste autour du personnage d’Elise qu’elle interprète. Au début, nous la voyons très traumatisée par la mort de son mari ce qu’elle considère comme une injustice. Avec son amant, Paul, un bouquiniste calme et amoureux, elle se montre irascible et les nerfs à fleur de peau. Le film nous touche parce qu’il décrit la lente évolution d’Elise vers un amour apaisé et partagé qui lui redonne le goût de vivre. Ce changement ne se fera pas sans mal car la carapace avec laquelle l’héroïne se protège est dure à percer et qu’elle ne peut s’empêcher de détruire les instants de bonheur que Paul essaie patiemment de construire pour elle. Mère attentive, Elise mène avec son fils, déchiré par l’absence de son père, une relation complice mais elle doit aussi affronter les problèmes de l’adolescence. Cherchant à s’affirmer et probablement à se rapprocher de ses origines paternelles, Léo prétend un moment faire sa Bar-Mitsvah. Elise, sans le brusquer, l’en dissuade. Mais c’est bien sûr avec Paul que le trajet est le plus difficile. Alternent des périodes de destruction, où Elise se montre particulièrement odieuse, et des phases de reconstruction. Elise s’oppose à son ami sur tout et sur rien, allant plusieurs fois jusqu’à la rupture, pour le regretter aussitôt et retomber dans ses bras. Heureusement que Paul est une bonne pâte et qu’il s’entend bien avec Léo ! Le rapprochement de Paul et de Léo est aussi très vrai dans notre monde actuel où les familles recomposées sont fréquentes et cela fait partie du charme du film.

Maryline Canto évite de tomber dans la facilité et les lieux communs pour réaliser un film tout en nuances. Son film est aux antipodes de la violence actuelle et il est réconfortant de se laisser porter par cette belle histoire d’amour où les trois personnages trouvent enfin la quiétude.

Jean Wilkowski