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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Les Héritiers

(France – 2014 – 105 minutes)

Réalisation : Mention-Schaar Marie-Castille – Scénario : Ahmed Dramé et Marie-Castille Mention-Schaar - Photo: Myriam Vinocour – Montage : Benoît Quinon –Musique : Ludovico Einaudi – Son : D. Levert, E. Paquotte, C. Vingtrinier - Distribution : UGC
Interprétation : Ariane Ascaride (Anne Guegen, professeur), Ahmed Dramé (Malik), Noémi Merlant, Geneviève Mnich (Yvette Thomas, documentaliste), Stéphane Bak (Max), Wendy Nieto (Jamila), Aïmen Derriachi (Said), Mahamed Seddiki (Olivier, Brahim)
Auteur :

Productrice, au début des années 2000, elle finance avec sa société de production Vendredi Films une douzaine de films (dont deux de Antoine de Caunes, et deux de Pierre Jolivet). En 2012, elle réalise son premier film Ma première fois, un mélodrame. Suit Bowling avec Catherine Frot et Mathilde Seigner, comédie sociale inspiré d’un fait divers (manifestation contre la fermeture d’un service de maternité à l’hôpital). Avec Les Héritiers, la réalisatrice puise également son inspiration dans un fait d’actualité.

Résumé :

Au Lycée Léon Blum de Créteil, une professeur d’histoire, chargée d’une classe de seconde difficile, décide de lui faire passer le Concours National de La Résistance et de la Déportation. Cette expérience de mémoire de la Shoah va transformer les élèves.

Analyse :



Le cinéma peut aider à développer la mémoire collective, il est un outil pédagogique pour faire connaître et diffuser la connaissance de l’Histoire. Témoin ce film réalisé avec des élèves de lycée, devenus acteurs et transmetteurs de la mémoire d’une expérience réelle effectuée en 2007 dans un établissement de la région parisienne. Un double travail de « devoir de mémoire » : celui réel de la classe de Madame Anglès au Lycée Léon Blum (les élèves turbulents au départ découvrent à la fois l’horreur de la Shoah et les vertus d’un travail de groupe) et celui sous forme de fiction de la réalisatrice. Un dispositif à plusieurs caméras, deux excellentes actrices et un jeune participant qui devient acteur de sa propre expérience, Ahmed Dramé (et coscénariste !). La concrétisation évidente de la fiction comme résurgence du réel est la présence de l’ancien déporté, Léon Ziguel, qui a accepté non sans réticence au départ, d’être filmé en train de répondre aux questions des élèves. La réalisatrice a réalisé la séquence en une seule prise avec quatre caméras. On se souvient d’Entre les murs. Il est possible de mettre en situation et en scène de jeunes adolescents grâce à un dispositif intelligent qui permet « de retrouver un certain naturel » et de faire en sorte que les jeunes acteurs « oublient qu’il y a un film ». A bien des moments, on peut lire sur les visages en gros plans les émotions suscitées par le témoignage du vieux déporté, qui confirme et transcende toute la documentation amassée par les élèves !

Crée en 1961 par Lucien Paye, alors Ministre de l’Education Nationale, le Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) rassemble chaque année entre 30000 et 60000 élèves. C’est en 2009 que les lauréats sont récompensés par la réalisation « d’une production spécifiquement audiovisuelle avec un prix spécial du CSA ». Le film de 2014 pourrait mériter ce prix spécial, car il transmet « la mémoire des mémoires ».

Alain Le Goanvic