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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Les chevaliers blancs

(France/Belgique – 2015 - 1h52)

Réalisation : Lafosse Joachim - Scénario : Joachim Lafosse, Bulle Decarpentries - Thomas Van Zuylen, d’après l’œuvre de François-Xavier Pinte et Goeffroy d’Ussel - Musique : Sasha Ring - Montage : Sophie Vercruysse - Production : Versus production - Distribution France : Le Pacte
Interprétation : Vincent Lindon (Jacques Arnault), Louise Bourgoin (sa compagne), Valérie Donzelli (Françoise, journaliste), Reda Kateb (Xavier)
Auteur :

Joachim Lafosse est né en Belgique en 1975. C’est là qu’il fera ses études cinématographiques. Après plusieurs courts métrages, il réalise en 2006 Nue propriété et Ca rend heureux qui obtiendra un prix au festival Premiers Plans d’Angers. En 2012, il réalise A perdre la raison.

Résumé :

Dans l’Afrique à la limite du désert, une ONG, Move for kids, s’installe pour venir en aide aux orphelins de moins de 5 ans et préparer leur départ pour la France afin d’y être adoptés.

Analyse :



Ce film reprend l’aventure africaine de l’Arche de Zoé, ces illuminés qui avaient décidés d’exfiltrer du Tchad cent-trois soi-disant orphelins du Darfour pour les confier à des familles d’adoption en France. Arrêtés au Tchad puis transférés en France, le procès s’est conclu par deux ans de prison ferme pour les deux principaux protagonistes. Œuvre humanitaire ou arnaque, le grand mérite du film est de ne pas se prononcer. L’enfer est pavé de bonnes intentions et les humanitaires n’en manquent pas. Lafosse montre bien comment ils sont piégés par le temps, le fric et leur vision néo-coloniale de l’Afrique malgré leur désir de bien faire et leur amour pour ces enfants déshérités. Leurs interlocuteurs africains, les chefs de village, ne sont pas non plus sans ambiguïté et vendent bien volontiers des enfants qui sont loin d’être des orphelins. Comme le dit le réalisateur «  Le cinéma n’est pas le lieu de la vérité, et encore moins celui de la vérité judiciaire. Ce qui m’intéresse n’est pas la prétendue véracité des faits, mais les contradictions des êtres. ». Il réussit pleinement dans ce propos. Mais, en dehors de ces considérations humanistes, il s’agit de faire un film et, hélas, c’est là que les choses se gâtent et d’abord dans la façon de filmer. Pour faire plus vrai, le réalisateur se prend pour un reporter de Zone interdite ou de Koh-Lanta, c'est-à-dire avec caméra à l’épaule et en gros plan : cela rend la vision de nombreuses scènes du film très pénible. De plus, on a l’impression que Joachim Lafosse se laisse complètement submerger par la notoriété de ses acteurs en particulier de Vincent Lindon qui en fait des tonnes, toujours en train de hurler même sans raison dans son personnage qui se croit au dessus des lois. Sa compagne, interprétée par Louise Bourgoin, ne tient pas non plus la distance. Seul, Reda Kateb dans le rôle d’un responsable local tire bien son épingle du jeu. C’est dommage car le parti-pris du metteur en scène était louable mais il n’est pas arrivé à construire un film solide.

Jean Wilkowski