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Cinéma

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Love and Friendship

(Royaume Uni – 2016 – 1h32mn)

Réalisation : Whit Stillman - scénario : Whit Stillman, d’après le roman Lady Susan de Jane Austen – Directeur de la photographie : Richard Van Oosterhout – Montage : Sophie Corra – Directeur artistique : Louise Mathews – Décoratrice : Anna Rackard – Costumes : Eimer Ni Mhaoldomhnaigh – Musique : Benjamin Esdraffo – Production : Westerley Films – Distribution France : Sophie Dulac
Interprétation : Kate Beckinsale (Lady Susan Vernon) – Chloë Sevigny (Mrs Alicia Johnson) – Tom Bennett (Sir James Martin) – Stephen Fry (Mr Johnson) – Emma Greenwell (Mrs Catherine Vernon) – Morfydd Clark (Miss Frederica Vernon) - James Fleet (Reginald DeCourcy) – Jemma Redgrave (Lady DeCourcy) – James Fleet (Sir Reginald DeCourcy)
Auteur :

Whit Stillman est un réalisateur américain né en 1952 à Washington. Journaliste, romancier, il commence dans le monde du cinéma comme agent de réalisateurs espagnols auprès de producteurs américains. Il passe à la réalisation dans les années 90 avec sa trilogie Metropolitan (1990), Barcelona (1994) et The Last Days of Disco (1998) dont les deux premiers surtout sont des succès commerciaux. Il ne produit rien pendant 10 ans avant de réaliser Dansels in Distress qui est présenté à Venise en 2011 hors compétition.

Résumé :

L’action se passe en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle. Lady Susan Vernon est une jeune et séduisante veuve qui est prête à toutes les manipulations pour assurer son avenir dans l’aristocratie anglaise. Sa réputation et sa situation financière se dégradant, elle se met en quête de riches époux, pour elle et sa fille adolescente. Épaulée dans ses intrigues par sa meilleure amie Alicia, une Américaine en exil, Lady Susan déploie des trésors d'ingéniosité et de duplicité pour parvenir à ses fins, en ménageant deux prétendants : le charmant Reginald et Sir James Martin, un aristocrate fortuné mais prodigieusement stupide…

Analyse :



Love and Friendship est une adaptation d’un court roman de jeunesse de la romancière anglaise Jane Austen, dont le titre est Lady Susan. La narration se présente sous forme de lettres entre les principaux protagonistes. De manière assez réussie, le réalisateur transpose cette forme épistolaire, fréquente à l’époque, en des scènes relativement courtes qui forment comme une succession de mini récits. De même, il retrouve dans ses dialogues incisifs le ton plein d’humour de Jane Austen.

Si, à la fin, la morale est à peu près sauve, le jeu de l’aguichante Lady pour parvenir à ses buts matrimoniaux, plein de roueries et de mensonges, nous vaut des scènes fort plaisantes.  La bonne société anglaise de l’époque est décrite avec un humour impitoyable : différences de classes subtiles mais omniprésentes, soucis d’argent, importance capitale du « beau mariage ». Les hommes y sont gentils et un peu benêts, les femmes les manipulent allègrement.

Le film a été tourné en Irlande. Les décors et costumes sont somptueux, la musique est d’époque, les plans composent de grands portraits de famille inspirés des peintres anglais contemporains, la reconstitution est réussie... Ce n’est pas un cinéma très original mais c’est une habile transposition à l’écran et, si l’on est amateur d’humour anglais, on passe un bon moment à cette comédie mordante et à cette histoire joyeusement immorale.

Jacques Champeaux