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Cinéma

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Mal de pierres

(France – 2016 -1h56)

Réalisation : Nicole Garcia – Scénario et dialogues ; Nicole Garcia et Jacques Fieschi Photo : Christophe Beaucarne - Musique :Daniel Pemberton –Montage : Simon Jacquet - Son : Jean-Pierre Duret, Sylvain Malbrant – Décors : Arnaud de Moleron - Distribution : Studiocanal
Interprétation : Marion Cotillard (Gabrielle), Louis Garrel (André Sauvage), Alex Brendemühl (José), Brigitte Rouan (Adèle), Victoire du Bois (Jeannine)
Auteur :

Comédienne très appréciée et plusieurs fois primée, Nicole Garcia devint réalisatrice de son premier long métrage en 1990, Un week-end sur deux. Elle s’affirma avec Place Vendôme à l’intrigue semi-policière (1998), puis ce fut L’adversaire (2002) inspiré de l’affaire Romand. Selon Charlie (2006), « Un balcon sur la mer (2010), Un beau dimanche (2013), alternant dans sa carrière d’actrice, sont des succès publics. Le mal de pierres faisait partie de la Sélection officielle de Cannes 2016.

Résumé :

Le scénario est inspiré du roman de Milena Agus. Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole, où son rêve d’une passion absolue fait scandale. On la croit folle, de plus elle a la maladie de la pierre (calculs dans les reins). Ses parents décident de la marier à José, un ouvrier saisonnier, pour faire d’elle une femme respectable, et lui éviter l’asile. 

Analyse :



Mariée à un homme rustre et taiseux, Gabrielle se refuse à lui. Elle conserve ses rêves d’amour idéalisé et sa difficulté à assumer ses désirs sexuels, réels et compulsifs. Comme dans ses derniers films, la réalisatrice nous livre un portrait de femme, avec délicatesse, subtilité, tout en pudeur et compréhension. Et où vont coexister réalité et imaginaire. Marion Cotillard prête son beau visage à la caméra, mais l’expression de douleur intérieure va hanter les lieux traversés. La maladie de Gabrielle doit être soignée sous peine de ne jamais avoir d’enfants. L’événement qui va faire basculer sa vie est le séjour en cure dans un magnifique établissement suisse, en pleine montagne (Davos), où elle va rencontrer André, un jeune officier rapatrié sanitaire (nous sommes en 1953, c’est la guerre d’Indochine). Elle tombe rapidement amoureuse, elle s’attache au beau et distant ténébreux, qui ne veut aucun contact physique. Mais elle tient bon, jusqu’au moment déchirant où il est évacué en urgence à l’hôpital. Evanouissement alors qu’elle court après l’ambulance. Son mari, juste arrivé depuis quelques jours, a eu une courte conversation avec André, avant son évacuation soudaine. Gabrielle va vivre dans la solitude et l’attente du retour espéré. L’imaginaire de la jeune femme va prendre le relais, à l’insu du spectateur ! Un imaginaire romantique, beau et cruel. Et José, l’Espagnol immigré qui a fui la guerre civile, va révéler ses qualités de cœur. La mise en scène est sobre, les prises de vue de la montagne enneigée et de la Provence lumineuse sont une force du film. La musique de Tchaïkovsky (une barcarolle pour piano) va être la passerelle entre rêve et réalité, donnant une douceur nostalgique à ce récit tragique. L’amour idéal d’un passé incertain sera surmonté pour permettre l’éclosion de la vraie vie. Film classique dans sa forme mais attachant.

Alain Le Goanvic