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Cinéma

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Manchester by the sea

(Etats-Unis, 2016, 2h 18)

Réalisation : Kennerh Lonergan - Scénario: Kenneth Lonergan - Photographie : Jody Lee Lipes - Montage : Jennifer Lame - Production : Gigi Pritzker et Matt Damon - Distribution France : Universal Pictures International
Interprétation : Casey Affleck (Lee Chandler), Michelle Williams (Randi), Kyle Chandler (Joe Chandler), Lucas Hedges (Patrick)
Auteur :

Né en Grande Bretagne en 1962, Kenneth Lonergan est révélé au cinéma en 2000 par la comédie Mafia Blues (avec Robert De Niro), dont il a écrit le scénario. Son premier long métrage est Tu peux compter sur moi, film qui a reçu plusieurs prix. Il a aussi coécrit le scénario de Gangs of New York de Martin Scorsese. Il est par ailleurs un dramaturge reconnu, auteur de plusieurs pièces de théâtre telles que Lobby HeroThis is Our Youth et The Waverly Gallery.

Résumé :

Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.

Analyse :



Voici un film qui vous prend et ne vous lâche plus jusqu’à la fin, grâce au scénario, à la mise en scène et à l’interprétation saisissante de l’ensemble du casting. Le scénario est plein de suspense car les différentes parties du film ne sont pas présentées de façon chronologique et les flash-back successifs permettent de comprendre l’imbrication des situations sans qu’on ait dès le début toutes les clés. A travers les thèmes du deuil, des liens familiaux et filiaux ou encore de l’héritage, le personnage de Lee, interprété par un Casey Affleck ? littéralement habité et sublimé par son art, devient plus clair, tout comme son comportement. Il est au cœur du film. Il n’y a qu’à observer, dès les premiers plans, le détachement méthodique avec lequel il s’acquitte de ses tâches d’agent d’entretien pour comprendre que cet homme, taiseux, qui enlève machinalement les congères accumulées à l’entrée d’un immeuble de Boston et fait le coup de poing dans les bars sans raison apparente, est en exil des siens et de lui-même. Il vit d’ailleurs dans un sous-sol lugubre, loin de la mer, des vastes horizons et de la lumière grandiose, qui peuplaient sa vraie vie, avant. Si savoir quel drame se joue exactement sous nos yeux depuis la première minute est essentiel, ce n’est pourtant pas cette révélation que l’on retiendra du film, mais plutôt la manière intelligente avec laquelle il suggère sans montrer, évoque sans confronter. Et finalement il dresse un portrait délicat et sans concession d’une petite ville, de ses habitants et d’une famille en particulier. Même la musique participe à notre plaisir et le réalisateur réussit l’exploit de nous émouvoir encore avec l’adagio d’Albinoni !

Manchester by the sea est donc un film parfait à 99%. Reste le 1% qui me fait douter (peut être la longueur un peu excessive comme c’est souvent le cas maintenant) mais cela ne doit surtout pas vous empêcher de goûter un des meilleurs spectacles de l’année.

Jean Wilkowski