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Cinéma

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Notre enfance à Tbilissi

(France-Géorgie – 2014 - 94 minutes)

Réalisation : Grenade Teona et Thierry - Scénario: Teona Grenade, David Chubinishvili - Montage : Pauline Rebière - Son : Thomas Fourel - Producteurs : Juliette Lepoutre, Zurab Magalashvili, Suliko Tsulukidze - Société de production : MPM Films - Distributeur France : Zootrope films.
Interprétation : Irakli Basti Ramishvili (Giorgi), Zuka Tsirekidze (Danuta), Natasha Shenelaia (Maia), Kari Kavsadze (Archil)
Auteur :

Teona Grenade a fait des études cinématographiques et musicales à Tbilissi et à Paris. Son film de fin d’études, The lost score, a obtenu de nombreux prix dans les festivals internationaux. Thierry Grenade a produit et réalisé plusieurs documentaires en Chine et en Georgie. Notre enfance à Tbilissi est leur premier long métrage.

Résumé :

En 1991, c’est la fin de l’ère soviétique dans les républiques voisines de la Russie et la Géorgie découvre l’indépendance et le capitalisme ainsi que la guerre civile et les trafics. Giorgi, 17 ans vit avec sa mère Maia et son jeune frère Danuta, pianiste prodige. Il ne résiste pas longtemps à rejoindre ceux qui ont trouvé comment faire de l’argent facile.

Analyse :



Rarement traité, le thème principal de ce film poétique et sobre porte sur la situation souvent dramatique des ex-Soviétiques à la chute de l’URSS : après avoir espéré longtemps la démocratie, ils ont d’abord dû subir pauvreté, combats de rue et désorganisation, comme à Tbilissi, livrée à elle-même. Malgré des faiblesses et des facilités, notamment des gros plans trop appuyés tenant lieu de dialogues, Notre enfance à Tbilissi montre avec justesse cette période de transition, à travers le regard de deux frères. L’aîné est attiré avec ses copains par l’attrait de l’argent facile et de nouveaux biens de consommation et l’on voit comment le fossé se creuse insidieusement entre la jeune génération et leurs aînés, plus sages et peu préparés à affronter la loi de la jungle. Soucieux d’encourager son cadet, Giorgi fait livrer un piano à queue, acquis douteusement, et il doit affronter le regard effaré de sa mère. Protégé par son enfance, Danuta se laisse aller quant à lui à son admiration pour Glenn Gould et il semble vivre à l’écart des problèmes : il personnifie l’innocence, l’art et la culture qui l’emportent sur les forces du mal. Jusqu’au jour où confronté au crime, il se mure brusquement dans le silence. Le film montre alors comment la solidarité au sein de la famille et celle des habitants du quartier leur permet de survivre. Voilà une œuvre susceptible de faire comprendre ce qu’ont vécu intimement les peuples de l’ex-URSS, individuellement et collectivement : la liberté et le contact avec l’Occident ont été décevants.

Françoise Wilkowski-Dehove