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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Omar

(Palestine – 2013 – 1h37)

Réalisation : Hany Abu-Assad - scénario et dialogues : Hany Abu-Assad – Directeur de la photographie : Ehab Assal – Son : Hamada Attalah – Montage : Martin Brinkler, Eyas Salman – Décors : Nahel Kanj - Production : ZBROS – Distribution : Pretty Pictures
Interprétation : Adam Bakri (Omar) – Leem Lubani (Nadia) – Eyad HOURANI (Tareq) – Samer Bisharat (Amjad) – Waleed Zuaiter (Rami)
Auteur :

Hany Abu-Assad est né à Nazareth en 1961 et a émigré aux Pays-Bas en 1980.

Après des études de génie technique il a travaillé pendant plusieurs années comme technicien aéronautique aux Pays-Bas. Il entra ensuite dans le monde de l'audiovisuel en tant que producteur et fonda les productions Ayloul Films en 1990. A partir de 1992 il réalise des courts métrages et des documentaires, puis passe aux longs métrages (Rana’s weddinig en 2002, Paradise now en 2005, Do not forget me, Istanbul en 2011, The Courier en 2012. Omar a obtenu à Cannes en 2013 le prix du jury de « Un certain regard ».

Résumé :

Omar vit en Cisjordanie. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêves qu'il veut épouser, et de ses deux amis d’enfance, Tarek et Amjad. Révoltés par la situation politique du pays, les trois jeunes gens ont décidé de créer leur propre cellule de résistance…

Analyse :



C’est une belle histoire de fidélité en amitié, entre trois jeunes palestiniens. Et bien sûr au milieu de cette belle amitié, la rivalité de deux d’entre eux pour l’amour de Nadia, la sœur du troisième…. Thème déjà bien connu et abondamment traité en littérature et au cinéma. Mais cette rivalité amoureuse se joue aussi sur un fond de résistance à l’occupation israélienne dans les territoires occupés, résistance dans laquelle les trois jeunes gens sont engagés. Les épisodes de résistance vont donc croiser en permanence les tentatives de chacun des amoureux pour obtenir les faveurs de la jeune fille qui semble être très sensible au charme d’Omar et à son talent de poète.

A la suite d’une attaque manquée d’un poste frontière israélien, Amyad tue un soldat mais c’est Omar qui est fait prisonnier et torturé. Relâché contre une promesse de trahison il va entrer dans l’ère du soupçon. Nous assistons donc à tout un chassé croisé de traitrises soupçonnées mais non vérifiées, aussi bien dans la lutte armée que dans la rivalité amoureuse. Ce qui intéresse dans ce film c’est à la fois le suspense lié aux faits de résistance dans le contexte de la Palestine occupée, mais aussi ce qui se joue entre les trois hommes en fait de fidélité et/ou de trahison. Et c’est enfin une description particulièrement pudique des relations amoureuses entre Omar et Nadia, pudeur sans doute conforme aux codes du pays, mais qui fait du bien comparativement à ce que nos écrans nous livrent le plus souvent. Ode à la fidélité en amitié, au-delà de la trahison de l’un d’entre eux, ce film est plus qu’un bon thriller. Et son contexte en rehausse l’intérêt, en montrant une jeunesse privée de vie ordinaire.

Maguy Chailley