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Cinéma

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Otez-moi d'un doute

(France, 2017, 1h40)

Réalisation : Carine Tardieu - Carine Tardieu, co-scénariste : Michel Leclerc et Raphaële Moussafir - Image : Pierre Cottereau - Montage : Christel Dewynter - Musique de Erik Slabiak - Distribution France : SND
Interprétation : François Damiens (Erwan), Cécile de France (Anna), Guy Marchand (Bastien Gourmelon), André Wilms (Joseph Levkine), Alice de Lencquesaing (Juliette), Esteban (Didier)
Auteur :

Carine Tardieu, née en 1973, très tôt attirée par le cinéma, étudia pour être psychologue puis infirmière, et aboutit enfin à l'École supérieure de réalisation audiovisuelle (Paris). D'abord assistante à la réalisation, elle signa deux courts métrages (Les Baisers des autres, 2003; L'Aîné de mes soucis, 2004) qui seront primés, puis à la télévision des épisodes de la série Famille d'accueil (2004-2006). Enfin les longs métrages dont Otez-moi d'un doute est le troisième, après La Tête de maman (2007) et Du Vent dans mes mollets (2011). Elle a scénarisé tous ses films, et écrit aussi plusieurs livres pour enfants.

Résumé :

Erwan, pas vieux mais veuf depuis plusieurs années, s'est résigné à déminer les plages bretonnes pour pouvoir élever sa fille, que voici enceinte. En cherchant à savoir de qui, Erwan apprend que lui-même n'est pas fils de son père. D'autres surprises du même genre suivront, faisant tanguer les relations humaines au fil de ces recherches et découvertes.

Analyse :



Comme pour ses films précédents, focalisés sur l'adolescence, Carine Tardieu traite ici de la relation parents-enfants à travers les avatars du statut de père (et en retour, de fils ou fille). Le traitement du thème est bien un peu alambiqué, entre détective pas trop fiable, décryptages intempestifs d'ADN, déni piteux d'une relation peu glorieuse, et autres incertitudes incertaines... mais la panoplie des personnages est chaleureuse et divertissante : métier exotique du déminage pratiqué au milieu des grenouilles, souvenirs d'humanisme héroïque du désarmant Joseph, désespoir de Bastien le placide pêcheur mis au rancart par les temps modernes, indépendance ombrageuse de la charmante Anna, naïveté radicale de la jeune Juliette et ahurissements du brave Didier camouflé derrière son paravent de stupidité... tout cela tournant autour du solide et dévoué Erwan que sa masse seule empêche de chavirer sous tant de violentes secousses.

Pourra-t-on vraiment s'émouvoir de toutes ces angoisses familiales ? L'accumulation des rebondissements, des traits pittoresques et des manifestations de bons sentiments peuvent détourner les spectateurs de l'empathie indispensable pour s'attacher vraiment à l'histoire. Mais les mêmes ingrédients, servis par une interprétation de première qualité, leur feront passer un bon moment sympathique, distrayant et sans problèmes.

 

Jacques Vercueil