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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Paterson

(Etats-Unis, 2016, 1h58)

Réalisation : Jim Jarmusch - Scénario : Jim Jarmusch – Directeur de la photographie : Frederick Elmes – Costumes : Catherine George – Son : Robert Hein – Musique : SQÜRL – Producteurs : Joshua Astrachan, Carter Logan – Producteurs délégués : Daniel Baur, Olivier Simon – Distribution France : Le Pacte
Interprétation : Adam Driver (Paterson), Golshifteh Farahani (Laura)
Auteur :

Cinéaste et musicien né en 1953 dans l'Ohio, Jim Jarmusch vit et travaille à New York. En 1984, son second long-métrage tourné en noir et blanc Stranger The Paradise est une révélation au Festival de Cannes où il obtient la Caméra d'or. Ses films Broken Flowers dont il est également scénariste et producteur et Only Lovers Left Alive, sortis respectivement en 2005 et 2014, sont tous deux sélectionnés à Cannes en compétition officielle. Paterson est son quatrième rendez-vous avec Cannes. Depuis 2010, il est membre du groupe rock SQÜRL.

Résumé :

Paterson vit à Paterson, ville ouvrière du New Jersey (Etats-Unis) -- où vécurent notamment les poètes William Carlos Williams (1883-1963) et Allen Ginsberg (1926-1997) -- aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, Paterson mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme, et d’un bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

Analyse :



Ce film tourné à Paterson même n'est fait que de petits riens. Il raconte la vie quotidienne, sur une semaine, d'un jeune couple, Paterson, chauffeur et poète et sa femme, Laura qui crée, peint et cuisine des cupcakes, toujours en noir et blanc, tout comme les vêtements qu’elle porte. Ces deux êtres à la fois à l'opposé l'un de l'autre par leur tempérament, (Laura est une passionnée alors que Paterson est un introverti) et proches par leur créativité, ont pour compagnon un bouledogue, Marvin, au caractère bien trempé. Ils vivent en autarcie tous les trois. En dehors du travail de Paterson, de ses rendez-vous quotidiens au bar du coin pour boire une bière, leur vie s'écoule paisiblement, simplement. Laura goûte la poésie au quotidien en créant des objets, des gâteaux. Sur son carnet, Paterson écrit chaque jour des poèmes, dans son autobus et pendant ses moments de liberté.

Jim Jarmusch réussit à nous rendre ces petits riens banals changeants, imprévisibles. En effet le côté routinier de la vie menée par Laura et Paterson est rompu par des rencontres (une jeune fille écrivant des poèmes, un Japonais amoureux du poète William Carlos Williams), une bagarre dans le bar où se rend chaque soir Paterson, des discussions entre les passagers du bus... La manière de filmer de Jarmusch est un élément important dans cette « non monotonie ». Une scène se répétant tous les jours est filmée différemment. La caméra accompagne les personnages dans leurs allées et venues. Le réalisateur arrive à rendre le rituel de ces journées vivant.

Il s'est inspiré du médecin et poète William Carlos Williams, auteur du recueil ‘Paterson’. Les poèmes écrits par Paterson s'inspirent de ceux de Williams.

La monotonie des scènes filmées par Jim Jarmush peut faire craindre l'ennui mais très vite la poésie, la délicatesse et l'humour subtil du film l'emportent et on en ressort transformé.

Marie-Christine Griffon