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Cinéma

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Personal Affairs (Omor Shakhsiya /Affaires personnelles*)

(Israël – 2016 -1h28)

Réalisation : Maha Haj - Scénario: Maha Haj – Image : Elad Debi – Montage : Véronique Lange - Musique : Habib Shehadeh Hanna - Costume : Hamada Atallah - Décors : Rabia Safiti - Production : Majdal Films - Distribution France : Sophie Dulac
Interprétation : Amer Hlehel (George) – Sana Shawahdeh (Nabila) – Maïssa Abed El Hadi (Maïssa) – Mahmoud Shawahdeh (Saleh)
Auteur :

Maha Haj a grandi et vit à Nazareth. Elle a écrit le scénario du long métrage Existence. C’est à Nazareth qu’elle travaille en tant que scénariste, script doctor et chef décoratrice. Personal Affairs est son premier long métrage, présenté à Cannes en 2016 dans la sélection Un certain regard. Film « palestinien » d’une réalisatrice israélienne.  

Résumé :

À Nazareth, un vieux couple vit au rythme de la routine quotidienne. De l’autre côté de la frontière, à Ramallah, leur fils Tarek voudrait rester un éternel célibataire, leur fille est sur le point d’accoucher, son mari garagiste décroche un rôle au cinéma, alors que la grand-mère perd le nord… Entre-temps, en Suède, leur fils aîné Hisham attend leur visite. Chacun vaque à ses occupations, entre moments de plaisir et désaccords, rêves et désillusions. Certains souhaitent partir, d’autres rester, mais tous ont des affaires personnelles à régler…

Analyse :



La pratique du tricot comme fuite… La pratique de l’ordinateur comme évasion. Ces deux pratiques empêchent la communication chez ce vieux couple palestinien. De nombreuses situations de la vie quotidienne vont nous permettre de découvrir les différents membres de la famille, dans leur lieu de vie respectif. Chaque scène lance des pistes possibles de récit mais s’arrête en cours de route laissant le spectateur imaginer la suite sous forme de question : La mère acceptera-t-elle de partir voir Icham en Suède ? Tarek se laissera-t-il convaincre d’épouser Maïssa, l’amie de sa sœur ? Georges, le gendre, parviendra-t-il à voir enfin la mer (qu’il ne connaît pas) et à s’y plonger ? Icham pourra-t-il engager conversation avec sa voisine au chien ? La grand-mère, moins gâteuse qu’il n’y parait, arrivera-t-elle à raconter une histoire de sa jeunesse qui lui tient à cœur ? Tarek et Maïssa atteindront-ils Jérusalem à temps pour participer à leur concours de tango ? La jeune femme que fréquente Isham en Suède viendra-t-elle rencontrer les vieux parents ?

Rien n’est lourd, tout est suggéré et nous avons droit à de nombreux moments plein d’humour dans un quotidien pourtant obligé de s’accommoder de l’occupation israélienne. Ainsi lorsque le jeune couple, arrêté à un check point est enfermé car soupçonné de tentative de terrorisme. Il se livre alors à un tango particulièrement sensuel sous le regard des policiers qui les observent derrière un miroir sans tain. Ainsi lorsque le vieux couple installé devant un lac suédois reproduit son mode de non communication (tricot, ordinateur)…

La réalisatrice n'a pas voulu tourner un film militant, et c'est bien, même si, de toute évidence, les frontières entre Israël et la Palestine y créent une tension permanente. On prend plaisir à décoder les sous-entendus et à admirer cette famille palestinienne dans sa variété et sa résistance à la dispersion.

Maguy Chailley