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Cinéma

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Polina, danser sa vie

(France/Russie – 2016 – 1h52)

Réalisation : Angelin Prejlocaj, Valerie Müller - Scénario: Valérie Müller et Angelin Prejlocaj (d’après la bande dessinée « Polina » de Bastien Vivès) – Chef décorateur : Toma Baqueni – Distribution France : UGC Distribution
Interprétation : Anastasia Shevtsova – Aleksei Guskov – Juliette Binoche – Jérémis Bélingard, Niels Schneider
Auteur :

Angelin Preljocaj est né en 1957 à Sucy-en-Brie en France, de parents albanais. C’est un danseur et chorégraphe. Son travail chorégraphique est très imprégné de l'histoire des ballets classiques, mais il est, néanmoins, résolument contemporain. A déjà réalisé en 2006 Les hommes s’en souviendront, en collaboration avec Valérie Müller puis en 2009 Blanche Neige et, en 2013, Le monde de Fred. Valérie Müller est scénariste, réalisatrice et productrice. Tous deux ont également coréalisé Polina, danser sa vie, qui est pour chacun d’eux leur troisième long métrage. 

Résumé :

Russie, dans les années 1990. Portée depuis l'enfance par la rigueur et l'exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu'elle s'apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie

Analyse :



Inutile d’être grand amateur de danse (classique ou contemporaine) pour entrer dans ce film et apprécier le récit de vie qu’il présente. Car il est question ici de projet, de persévérance, de courage, de conviction et de choix de vie. Polina incarne toutes ces qualités qui la font affronter une formation exigeante et se confronter aussi à la réprobation de ses parents lorsqu’elle renonce au Bolchoï. La carrière de danseuse de leur fille unique représentait le but de toute leur vie, but auquel le père a sacrifié sa tranquillité professionnelle. Son désespoir sera grand…

Mais il n’est pas indifférent que le réalisateur soit lui-même danseur et chorégraphe ! Les scènes d’apprentissage sont criantes de vérité et ne manquent pas de grâce malgré ce qu’elles montrent s’assujettissement du corps pour acquérir une technique irréprochable. Toute la première partie est centrée sur un des objectifs de la danse classique : échapper à la pesanteur et s’éloigner du sol. Alors que la suite nous montrera comment, dans la danse contemporaine,  le danseur se sert du sol comme d’un partenaire.

C’est ce qui fascine Polina qui va essayer, avec difficulté, d’entrer dans un usage de son corps très éloigné de ce qu’elle a d’abord appris. Cette « révolution » ne va pas lui suffire car ce dont elle souffre, c’est de ne pas créer elle-même ses propres chorégraphies, ce qu’elle va s’efforcer de faire. Et cela nous vaudra, en fin de film, un pas de deux absolument magique, sur sol enneigé, rappelant le sol de la forêt où Polina accompagnait son père à la chasse. Elle y dansait déjà sa vie. 

Maguy Chailley