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Cinéma

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Premier contact (Arrival)

(Etats-Unis - 2016 – 1h56)

Réalisation : Denis Villeneuve – Scénario : Eric Heissener (d’après Histoire de ta vie de Ted Chiang) - Photo : Bradford Young – Musique : J. Johansson- Montage : Joe Walker – Son : Claude LaHaye - Distribution : Sony Pictures
Interprétation : Amy Adams (Dr. Louise Banks), Jeremy Renner (Ian Donnelly), Forest Whitaker (Colonel Weber), Michael Stuhlbarg( Agent Halpern), Tzi Ma (Général Chang)
Auteur :

Né en 1967 au Québec (Canada), Denis Villeneuve a effectué des études scientifiques puis de cinéma à l’Université. Des titres de films qui nous ont impressionnés reviennent à la mémoire : Polytechnique (2009), Incendies (2010), Prisoners (2013), Sicario (2015), etc., avec un point commun : des histoires étranges, teintées de fantastique et de rebondissements dramatiques. Son style était déjà en germe dans son premier film, Un 32 août sur terre et éclate dans le court-métrage Next Floor (2008). Premier Contact a été présenté au Festival de Venise 2016. Il est son premier film de science-fiction.

Résumé :

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, l’armée américaine, sous la conduite du Colonel Weber, recrute une équipe d’experts, dont Ian Donnelly (physicien) et Louise Banks (experte en linguistique comparée). Il s’agit de connaître les buts des extraterrestres qui échappent à la logique humaine. Pour cela, il faut pouvoir comprendre et parler leur langue !

Analyse :



Il y a dans Premier Contact (titre anglais Arrival) au moins deux niveaux d’histoire, en fait deux voyages : le voyage de Louise à travers sa vie (elle a perdu une fille adolescente du nom d’Hannah), entraînant beaucoup de flash-back (en voix off) ; et, dans sa mission auprès des étranges extraterrestres, le voyage dans un espace-temps différent de notre perception humaine. Louise s’implique fortement dans la rencontre avec ces êtres d’un autre monde, inaccessibles, sortes de grandes pieuvres appelées « heptapodes », car à sept membres flexibles. Elle décide de se libérer de son scaphandre pour aller vers les deux passagers d’un vaisseau. Entrée dans la « coquille » (ainsi sont appelés les vaisseaux de forme ovoïde venus d’ailleurs), c’est elle qui va pouvoir communiquer à partir de glyphes circulaires projetés dans les airs. Peu à peu un dialogue très laborieux s’instaure entre les « heptas » et Louise. La « traduction » de Louise va dégager une ambiguïté sur le mot « arme » ou « outil » (ne dit-on pas traduction = trahison ?). Comme l’armée est aux aguets, le risque de guerre est patent, mais c’est la relation inattendue de Louise avec le général Chang, commandant en chef de l’armée chinoise, qui va précipiter les choses  et éloigner l’irréparable. A la fin, le récit de la vie de Louise se comprend comme un cercle, où son contact avec les E.T. a changé sa vie. Le style de Villeneuve est anti-spectaculaire, il fait penser à Rencontres du troisième type de Spielberg. La rencontre avec les extraterrestres provoque un élan de compréhension, au-delà de la peur et de l’anxiété devant le radicalement autre. Ce qui fait l’intérêt du film est  le langage, l’enjeu essentiel. Beaux effets de caméra, en particulier dans les premières séquences, avant l’annonce de « l’arrivée ». L’art du réalisateur a été de ne pas tomber dans le grotesque (il était conscient du risque), et c’est beaucoup grâce aux effets visuels (halo de lumière, brumes, voiles). Toutefois, la bande sonore laisse à désirer, car trop insistante. L’actrice est convaincante car d’elle émanent une lumière et une douceur qui donnent à son expérience un message de compréhension et de paix.

Alain Le Goanvic