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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Primaire

(France, 2017, 1h45)

Réalisation : Helene Angel - Scénario : Hélène Angel, Yann Coridan - Photo : Yves Angelo - Montage : Sylvie Lager, Christophe Pinel, Yann Dedet - Musique : Philippe Miller - Production : Lionceau Films - Distribution France : Studio Canal
Interprétation : Sara Forestier (Florence Maufret), Albert Cousi (Denis), Vincent Elbaz (Mathieu), Patrick d’Assumçao (M. Sabatier), Guilaine Londez (Mme Duru), Hanna Brunt (Charlie), Olivia Côte (Marlène Peillard), Lucie Desclozeaux (la stagiaire), Ghillas Bendjoudi (Sacha), Christina Drouet (mère de Sacha), Tara Dechaud (Tara)
Auteur :

Née en 1967 à Nice, Hélène Angel est scénariste et réalisatrice, diplômée de la Fémis.  Après 3 courts, dont La vie parisienne (1995, primé à Clermont Ferrand), elle réalise Peau d’homme, cœur de bête (1999,  Léopard d’or à Locarno), puis Rencontre avec le dragon (2003) et un thriller Propriété individuelle, en 2011, avant de tourner Primaire.   

Résumé :

Florence  Maufret, qui est divorcée et a la garde de son fils Denis, est professeure des écoles avec une classe de CM2. Elle est attentive aux progrès de ses élèves, notamment de Tana qui peine à lire et de Charlie, autiste. Elle découvre aussi qu’un autre élève de l’école, Sacha, vit seul.  

Analyse :



Hélène Angel s’est plongée pendant deux ans dans les classes de primaire avant de réaliser ce film émouvant et optimiste qui s’attache à décrire l’atmosphère joyeuse de l’école, l’art de transmettre ainsi que la difficulté pour les enseignants d’appréhender les problèmes sociaux de la France d’aujourd’hui, sans y être eux-mêmes suffisamment aidés. Naturelle et convaincante, Sara Forestier, institutrice appelée désormais professeure des écoles, mais éternellement « maîtresse » pour les élèves, est non seulement investie dans son travail  mais aussi généreuse et dévouée aux élèves qui peinent. Le film, parfois maladroit, dit beaucoup de choses. D’abord sur la formidable énergie vitale des enfants, tantôt insolents, intelligents, espiègles ou roublards, tantôt fragiles, manquant de confiance et affectueux. C’est l’une des qualités du film que d’avoir su les prendre sur le vif, laissant manifestement une grande place à l’improvisation. Dans cette comédie, où l’on s’amuse beaucoup, la réalisatrice dépeint avec finesse les qualités professionnelles de Florence, sa patience et son intelligence quand elle va par exemple rechercher un vieux manuel de méthode syllabique pour aider une élève à lire. Ou quand elle ruse pour faire admettre la participation de Charlie, jouée par une enfant autiste, à un spectacle de théâtre. Au passage est signalé le travail délicat des assistants de vie scolaire qui accompagnent les élèves handicapés dans les classes. Salaires insuffisants, décalage entre travail quotidien et point de vue de l’inspecteur sont également évoqués, sans lourdeur.  A côté de l’aspect documentaire, la romance et l’irruption de Mathieu sont moins réussies, un peu convenues, mais le jeu de Sara Forestier emporte quand même l’adhésion.  Primaire est un bel hommage à un milieu souvent critiqué et probablement méconnu.

Françoise Wilkowski-Dehove