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Cinéma

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Prisoners

(Canada/USA – 2013 -2h30)

Réalisation : Denis Villeneuve –Scénario : Aaron Guzikowski- Photo: Roger Deakins Décors : Frank Galline- Montage : Joel Cox- Musique : Rossano Galante- Son : Mary H.Ellis- Distribution : SND
Interprétation : Hugh Jackman (Keller Dover, le père), Jake Gyllenhaal (l’inspecteur Loki), Viola Davis (Nancy Birch), Maria Bello (Grace Dover), Terence Howard (Franflin Birch), Melissa Leo (Holly Jones), Paul Dano (Alex Jones)
Auteur :

Né en 1946 au Canada, il a fait ses études de cinéma à l’Université du Québec à Montréal. Auteur de courts métrages, dont l’extraordinaire Next floor en 2008 (présenté à Cannes), il réalise trois longs métrages (dont Polytechnique en 2009) avant de connaître un réel succès avec Incendies en 2010.

Résumé :

Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le policier Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus.

Analyse :



Qualifié de « thriller » dont le film a toutes les apparences, Prisoners apporte beaucoup d’éléments subversifs qui apportent une dimension originale au schéma classique de genre. Par une atmosphère de pluie et d’orage se déroule en effet le drame personnel d’un père confronté à un kidnapping crapuleux (thème bien souvent traité au cinéma), mais où les protagonistes vont changer de contenu. Le père, fou de rage, sûr de lui, s’acharne sur le premier suspect, falot et handicapé mental, relâché, qui semble innocent à nos yeux…son outrance nous fait croire que Keller est sur une fausse piste, mais l’est-il vraiment ? L’inspecteur calme et respectueux des règles, va enquêter, trouver un autre suspect, tout-à fait inquiétant, sorte de maniaque, la cible idéale, mais est-ce lui le kidnappeur assassin? Le père au comportement bizarre et violent, d’un côté ; le policier qui perd peu à peu les pédales, de l’autre, et surveille le père, puis se heurte à un mystère de plus en plus lourd. Les deux figures vont donc s’affronter, sans que cela fasse avancer l’enquête (surtout que le chef du policier met les bâtons dans les roues à Loki). Peu à peu, comme dans Incendies, le précédent film du réalisateur, surgit la trame familiale sur fond de traumatismes anciens. Loki, au bord de l’effondrement nerveux, finira par rencontrer un troisième personnage lié aux deux suspects, et la terrible vérité éclatera !

Une œuvre haletante, fiévreuse. Des images magnifiques et fortes d’un monde qui semble s’effondrer sur lui-même. Une musique à la fois belle et discordante ponctue les séquences où la piste de ou des assassin(s) se dilue dans le mystère. Vraiment un beau film mais qui peut heurter les âmes sensibles.

Alain Le Goanvic