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Cinéma

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Que Dios nos perdonne (*Que Dieu nous pardonne)

(Espagne, 2017, 2h07)

Réalisation : Rodrigo Sorogoyen - Scénariste et producteur délégué : Rodrigo Sorogoyen - Musique : Olivier Arson - Montage : Fernando Franco - Distribution France : Le Pacte.
Interprétation : Antonio de la Torre (Velarde), Roberto Alamo (Alfaro), Javier Perera (Andrès), Luis Zahera (Alonzo)
Auteur :

Rodrigo Sorogoyen est né à Madrid en 1981. Depuis 2008, il a réalisé des séries pour la télévision et deux longs métrages : 8 citas (2008) et Stockholm (2013). Que dios nos perdonne a obtenu le prix du meilleur scénario à Saint-Sébastien en 2016.

Résumé :

Sous la chaleur étouffante du ciel madrilène, un tueur en série s’attaque aux vieilles dames. L’enquête de deux policiers va être compliquée par la visite du pape Benoît XVI dans la capitale espagnole.

Analyse :



Vraiment le film policier espagnol se porte bien. Après La isla minima et La colère d’un homme patient, voici un thriller original et complexe. L’intrigue est puissante et à la limite du supportable mais ce qui importe surtout est la description et les motivations des trois personnages principaux : les deux policiers et le tueur à face d’ange. La violence est présente partout et les frustrations sexuelles ne sont pas seulement réservées au serial killer, tueur et violeur de vielles dames, mais aussi au policier renfermé qui maltraite la femme désirée avec la brutalité d’une frustration enfin libérée. Madrid et sa chaleur estivale est aussi très présente, les scènes de poursuites dans la ville, caméra à l’épaule et musique obsédante, traduisent bien l’atmosphère étouffante du film. A cela s’ajoute le contexte politico-religieux lié à la visite papale et à la prégnance de l’église. La première partie du film est centrée sur les deux policiers, l’un bègue et taiseux, l’autre sanguin et toujours prêt au coup de poing. Puis entre le personnage du tueur qui s’acharne sur ses victimes, le réalisateur ne faisant grâce d’aucun détail aussi sordide soit-il. Le film s'interroge ainsi sur la violence: celle enfouie en chacun de nous et la fascination-répulsion qu'elle engendre. Il bouscule le spectateur, le met à mal à l’aise mais le convainc d’avoir assisté à une belle réalisation.

Jean Wilkowski