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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Queen and Country (Ma reine et mon pays*)

(Angleterre – 2014 - 115 min.)

Réalisation : Boorman John - Scénario: John Boorman - Photographie : Seamus Deasy -Montage : Ron Davis - Musique : Stephen McKeon - Production : Merlin Films - Distribution : Le Pacte
Interprétation : Callum Turner (Bill Rohan), Caleb Landry Jones (Percy), David Thewlis (Sergent Major Bradley), Tamsit Egerton (Ophélia)
Auteur :

John Boorman est né près de Londres en 1933. Après la guerre il sera assistant monteur et critique de cinéma avant de réaliser des courts métrages documentaires pour la BBC. Son premier long métrage se situe en 1965 : Sauve qui peut. Son succès viendra avec sa rencontre avec Lee Marvin et Le point de non retour (1967) puis Duel dans le Pacifique (1968). Il realise 27 films dont Délivrance, Zardoz et Hope and glory.

Résumé :

Bill Rohan, héros du film Hope and glory où il avait vécu la guerre à 7 ans, en a maintenant 18 (nous sommes en 1952) et s’apprête à faire son service militaire. Il se lie d’amitié avec Percy et tous deux n’auront de cesse de persécuter leur psychorigide sergent major Bradley. Ils feront aussi leurs premières armes auprès des filles avec plus ou moins de succès.

Analyse :



Ce film est en grande partie autobiographique et Bill Rohan alias Boorman nous plonge dans la machine à décerveler qu’est l’institution militaire britannique, à bien des égards semblable à la française qu’un certain nombre d’entre nous a connue : immenses chambrées, manœuvres dans la cour, brimades et surtout présence de sous officiers bornés et fanatiques de discipline. Nos deux amis s’en sortiront en devenant instructeurs de dactylographie et en jouant à la hiérarchie des tours de potache comme le vol d’une pendule donnée au régiment par la reine Victoria. Est-ce nos propres expériences ou l’art du metteur en scène ? Toujours est-il que nous nous amusons bien.

Durant leurs permissions, nos deux héros seront bien entendu confrontés aux filles et aux difficultés qu’avaient les garçons des années 50 pour s’attirer les faveurs de ces dernières : drague pendant un concert de musique classique, bal, recherche désespérée pour trouver un coin tranquille ou acrobaties invraisemblables pour apercevoir un bout de sein…Tout cela est vu avec beaucoup de tendresse.

Les acteurs sont tous excellents et surtout so british, on se croirait revenu au temps des comédies anglaises style Noblesse oblige ou Passeport pour Pimlico ! Callum Turner et Caleb Landry Jones, les deux bidasses un peu boutonneux, sont criants de vérité. Donnons aussi un coup de chapeau à David Thewlis dans le rôle du sergent major psychopathe Bradley.

Bien sûr, les cinéphiles avertis feront la moue en disant que le film est décousu, que ce n’est qu’une suite de scènes sans continuité, que c’est du cinéma de Papa sans mouvements de caméra originaux. Tout cela est vrai, n’empêche que l’on s’amuse bien et que vous ferez de même en courant aller le voir.

Jean Wilkowski