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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Rêves d'or (La jaula de oro)

(Mexique - 2013-1h.50)

Réalisation : Diego Quemada-Diez - Scenario et dialogues: Diez - Lucia Carreras-Gibran Portela - Photo: Maria Secco – Decors : Carlos Jacques – Musique : Jacobo Lieberman
Interprétation : Brandon Lopez (Juan) - Rodolfo Dominguez (Chauk) - Karen Martinez (Sara).
Auteur :

Né à Burgos en 1969, Diego Quemada Diezen en est à son 4ème long métrage. Il a émigré aux USA puis au Mexique, où il a été naturalisé. Son film, dit-il, est intrinsèquement nourri par son parcours, son expérience de l'immigration et de la culture américaine. Son rêve américain s'est vite écroulé.

Résumé :

Juan, Sara et Samuel,15 ans, fuient le Guatemala pour les Etats-Unis. Au cours de leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien Tzotzil, ne parlant pas un mot d'espagnol et voyageant sans papiers. Aspirant à un monde meilleur, les adolescents affrontent vite la réalité

Analyse :



Ce film a toute sa place dans les productions récentes sur le sujet des « Frontières ». Rêves d'or est avare de mots. Les images parlent d'elles mêmes, depuis cette misérable favela guatémaltèque où Sara se "masculinise », jusqu'à cette halte de Juan, au pied d'un lampadaire sous la neige aux USA, image peut-on penser de cette lumière dont rêvent tous les candidats à l'émigration et où beaucoup se brûlent les ailes. Lui-même est un modeste balayeur dans un abattoir de détail où chacun est déshumanisé par le côté répétitif du travail. Jusque là, il n'a pas suffi de franchir la frontière mexico guatémaltèque pour que les tracas, le chemin de croix s'achèvent. Tout au long de la traversée du Mexique, les difficultés s'accumulent, vis à vis de ces quatre gamins perdus parmi un troupeau d'émigrants, qui n'ont d'autre ressources que d'emprunter les plateformes des wagons de marchandises qui sillonnent le pays, longues lignes droites dans le désert, à une allure de corbillard, matériel à bout de course. Le contexte mis à part, on penserait un peu aux sinistres convois de la Shoa: à ceci près que ces gens partent de chez eux, non par contrainte extérieure, mais parce qu’ils ne peuvent plus y vivre correctement. Qu'y aura-t-il de l'autre côté de la frontière? On retiendra en particulier les attaques maffieuses, les trahisons, les traversées en cauchemar des conduites d'eaux usées qui permettent le franchissement des barrages, l'assassinat de Samuel par un sniper(?) mexicain, ou un adepte de la chasse au coyote. Poème épique sur ces enfants qui risquent leur vie pour réaliser leur rêve. Quel monde laisserons-nous aux jeunes? La terre promise existe-t-elle vraiment ?

Jacques Agulhon