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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Sing Street

(Royaume Uni / Irlande / USA – 2016 – 1h46)

Réalisation : John Carney - Scénario : John Carney – Directeur de la photo : Yaron Orbach – Compositeur : Gary Clark – Montage : Andrew Marcus, Julian Ulrichs – Producteurs : Antony Bregman, Martina Niland – Distributeur : Mars Films
Interprétation : Ferdia Walsh-Peelo (Conor) – Lucy Boynton (Raphina) – Jack Reynor (Brendan) – Maria Doyle Kennedy (Penny, la mère de Conor) – Aidan Gillen (Robert, le père)
Auteur :

John Carney, né en 1971, a grandi à Dublin. Il débute en tant que bassiste dans la formation du groupe The Frames, puis commence à réaliser des clips musicaux. Il réalise son premier long métrage, November Afternoon, en 1996, puis On the Edge en 2001, Once, son plus grand succès, en 2006 et New York Melody en 2013. Avec Sing Street, il explique qu’il a voulu faire une comédie musicale mais sans que cela ait l’air d’une comédie musicale. 

Résumé :

Dublin, dans les années 80 : la pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, et vibrent dans les écouteurs des walkmans. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, interdit dans l’Irlande de l’époque, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs d’une nouvelle école dirigée par les Frères Chrétiens et réputée pour sa discipline.

Il se retrouve au milieu d’élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs gardiens de règles absurdes. Pour échapper à cet univers, il décide de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dont il ne connait rien, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent.

Analyse :



Le film se rattache autant à la comédie musicale qu’au genre plus récent des films qui racontent la constitution par des jeunes d’un groupe de musique, en réaction plus ou moins forte à la société dans laquelle ils vivent. Ce genre a notamment produit récemment quelques jolis films iraniens comme Les chats persans de Bahman Ghobadi ou No Land’s Song de Ayat Najafi. Bien entendu, le Dublin des années 80 n’est pas comparable à l’Iran d’aujourd’hui mais un adolescent pouvait y vouloir s’affirmer par la musique contre une société étouffante. Le pauvre Conor doit ainsi subir l’humiliation de se promener en chaussettes parce que le directeur, un religieux sadique, lui a interdit de porter ses chaussures qui ont le mauvais goût de ne pas être noires. Mais plus que par rébellion, c’est surtout pour gagner le cœur de la belle Raphina, un peu plus âgée que lui, dont il s’est amouraché, que Conor veut monter ce groupe. Il lui a en effet promis d’en faire la vedette des vidéo-clips qu’ils vont tourner. Après quelques péripéties et avec l’aide de son frère, passionné de musique rock et qui regrette de ne pas avoir eu le courage de partir, et d’un camarade de classe homme orchestre, ils y arriveront. Et, au final, les deux amoureux s’embarqueront dans la barque de pêche du grand-père pour gagner les côtes d’Angleterre et rejoindre l’objet de leurs rêves, la capitale de la musique, Londres.

Cette gentille comédie a récemment raflé tous les prix au Festival du film britannique de Dinard. Les personnages sont sympathiques et bien joués, les épisodes musicaux et non musicaux s’enchaînent de manière alerte, le tournage des clips est l’occasion de scènes savoureuses. Une longue scène rêvée, très réussie, est un clin d’œil aux grandes comédies musicales américaines. Ce Sing Street, entre réalisme et romance, avec un zeste de folie, dégage un optimisme chaleureux qui fait du bien. 

Jacques Champeaux