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Cinéma

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Skyfall

(USA - 2012 - 1h15)

Réalisation : Sam Mendes Mendes – Direction photo: Roger Deakins – Montage : Stuart Baird- Musique :Thomas Newman –Conception générique : Daniel Kleinman – Superviseurs effets spéciaux et visuels : Chris Corbould et Steve Begg- Distribution : Sony Pictures
Interprétation : Daniel Craig (James Bond), Judi Dench (M), Javier Bardem (Raoul Silva), Ralph Fiennes (Gareth Mallory), Naomi Harris (Eve), Bérénice Marlohe (Séverine), Beb Whishaw (Q)
Auteur :

De nationalité anglaise, il a derrière lui une belle carrière théâtrale, de metteur en scène de pièces de Shakespeare qui connurent un grand succès. Il est embauché d’ailleurs  par la Royal Skakespeare Company, puis par le Donmar Warehouse Theater où il adapte entre autres Tennessee Williams. Remarqué par Steven Spielberg, il réalise American Beauty en 1998, Les sentiers de la perdition (2002), Jarhead (2005) et Noces rebelles en 2008. Les producteurs d’EON Productions ont été bien inspirés de lui confier le nouveau 007 du Cinquantenaire.

Résumé :

Skyfall  est le 23e film consacré au personnage mythique de l’agent secret James Bond, alias 007, le premier de la saga date de 1962 et s’appelait James Bond 007 et le Docteur No. Or, cette nouvelle mission part mal pour Bond et le drame arrive dans le premier quart d’heure. Plusieurs agents infiltrés se trouvent exposés dans le monde entier. Le M16 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne faut plus compter que sur « Bond, James Bond » pour sauver les services secrets de Sa Majesté, et plus encore, la sécurité de la Grande-Bretagne.

Analyse :



Ce nouveau James Bond vaut le détour !
Sam Mendès, cinéaste doué, est grandement pour quelque chose. Voilà une nouvelle approche du héros mythique, une évocation plus humaine, plus proche de nous. Soyons raisonnables : l’aventure de 007 reprend volontiers certains poncifs auxquels nous sommes habitués. JB est invulnérable, combatif jusqu’à l’absurde, séducteur de très jolies femmes, amateur de nouvelles technologies. Mais il y a autres choses dans le récit, comme une subversion des thèmes du film d’action. Un Bond qui meurt (à cause d’un ordre malencontreux de la patronne des services) mais qui ressuscite ; M la patronne justement, qui n’a pas hésité à sacrifier d’autres agents secrets (et qui fait l’objet d’une enquête parlementaire) ; l’évocation de l’enfance troublée de Bond dans son Écosse natale ; l’homme vieillissant qui a du mal à reprendre du service. Un nouveau personnage, genre psychopathe, fait surface pour se venger de M qui l’a envoyé à la mort. Il devient un terroriste particulièrement redoutable, de plus homosexuel (il essaie de séduire James..). Le film est servi par une distribution éblouissante, les acteurs incarnent leurs personnages avec brio. Ils y croient !
 Surtout, ce qui frappe et enchante le regard, ce sont les images, magnifiques, maîtrisées grâce à des effets visuels très travaillés, qui rendent poétiques les scènes d’action, comme la « mort » de Bond, les prises de vue de Shanghai  et l’assassinat dans un hôtel de la ville, l’attentat contre les bâtiments du M16 à Londres. Lors de la comparution de M devant la Commission, elle répond à la question sur l’ennemi qu’elle est censée combattre : « L’ennemi, mais il est partout et nous ne le connaissons pas ! ».

On a dit des précédents James Bond qu’ils reflétaient les préoccupations politiques du monde (on se souvient de la guerre froide EST-OUEST, grand thème éculé). La règle est respectée avec cette édition : l’ennemi est partout, il n’a pas de visage.  

(Alain Le Goanvic)