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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Snow Therapy

(Suède – 2014 – 1h58)

Réalisation : Ostlund Ruben -Scénario : Ruben Ostlund - Directeur photographie : Fredrich Wenzell - Ingénieur du son : Rune Van Deurs – Monteur : Ruben Ostlund - Jacob Schulsinger – Musique : Ola Flottum - Décors : Josefin Asberg –Production : Erik Hemmendorff - Marie Kjellson
Interprétation : Johannes Bah-Kuhnke - Lisa Loven Kongsli - Clara Wittergren - Fanni Metelius
Auteur :

Né le 13 avril 1974, à Styrso (Suède), il a pratiqué successivement la plupart des métiers du cinéma. C'est ainsi qu'il fut monteur, scénariste, directeur de la photographie, producteur enfin réalisateur. A ce dernier titre, il réalisa en 2004, The guitar mongol, puis en 2008, Happy Swede (qui lui valut une nomination à Cannes) en 2011 Play et, en 2014, Snow Therapy (présenté dans Un certain regard à Cannes).

Résumé :

Un séjour hivernal d'une semaine en montagne se transforme en un douloureux cauchemar. Un couple et ses deux enfants échappent de justesse à une avalanche, lors du repas au restaurant d'altitude. Mais le père, Toma, devant l'imminence du danger, prend la fuite, abandonnant femme et enfants... mais pas son portable... Cet acte de lâcheté va hanter la famille toute la semaine, et même au delà.

Analyse :



Le décor est superbe, la neige abondante et glaciale ; mais elle ne sera pas la seule en ce cas, et tout au long du film, le contraste est saisissant entre cette beauté calme et le trouble des esprits, entre le confort haut de gamme d'une station ultra moderne et le désastre des coeurs. Passée l'avalanche, rien ne sera plus comme avant. Ebba, la mère, ne cache rien de l'attitude de son mari à un couple de rencontre... qui restera profondément meurtri de cet événement étranger pour lui. Au morne cliquetis des remontées mécaniques, au long couloir d'accès aux télésièges, succède la nuit qui n'apporte que peu d'apaisement, alors que le silence et l'attitude en très gros plans des visages participants marquent le cheminement des êtres, davantage que leurs propos. Une nuit menaçante, faite de l'incessant ballet des dameuses illuminées, et des explosions sèches, destinées à purger une neige dont le pire est à craindre. Et la météo elle même n'est pas très charitable, témoin cette scène haletante, où la famille disséminée par le hasard des pistes, se heurte à une interminable séquence d'un brouillard d'une épaisseur de cauchemar .Toma, le mari, le père, mettra la semaine à réaliser son geste, révélant ainsi la gravité de son cas...qu'il tente d'exorciser par une pitoyable crise de nerfs. Sans en avoir l'air, pêle-mêle, Ostlund évoque famille, couple, dualité homme femme, mensonge et vérité, éducation des enfants, société de loisirs. Nulle occasion de détente. Et la semaine écoulée, le monde tel qu'il est, et pas toujours sans épines...Il faudra bien tenter de vivre.....

Jacques Agulhon