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Cinéma

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Still Alice (*C'est toujours Alice)

(Etats-Unis -2014 – 1h32)

Réalisation : Glatzer Richard et Westmoreland Wash - Scénario : Richard Glatzer et Wesh Westmoreland –– Dir. Photo :Denis Lenoir – Montage : Nicolas Chaudeurge – Décors : Tommaso Orino - Musique : Ilian Eshkeri - Distribution : Sony Pictures
Interprétation : Julianne Moore (Alice), Kristen Stewart (Lydia), Kate Bosworth (Anna), Alec Baldwin (John, mari d ‘Alice), Hunter Parrish (Tom)
Auteur :

La carrière du cinéaste indépendant est liée à celle de Wesh Westmoreland. Compagnons dans la vie, ils coréalisent et co-scénarisent leur film. En 2006, c’est Echo Park, L.A. chronique d’une famille latino-américaine (Prix du Jury au Festival Sundance), et en 2013, The last of Robin Hood, dernière années de la vie d’Erroll Flynn. Still Alice, nommé aux Golden Globes, permet à Julianne Moore de remporter l’Oscar de la meilleure actrice en 2015.

Résumé :

Alice est mariée, heureuse mère de trois grands enfants, professeur de linguistique renommé. Mais de jour en jour, elle détecte qu’elle oublie ses mots, puis elle se perd lors d’un jogging sur le campus de sa fac. En consultation chez un neurologue, elle apprend qu’elle a les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Le film est la description de sa vie et surtout des relations avec l’Université, son mari, ses enfants, confrontés à une situation inédite.

Analyse :



Le scénario est tiré d’un best-seller publié en 1987, de Lisa Genova, professeur d’Université en neuroscience. La source du film est donc proche de l’analyse clinique de ce qui arrive à Alice et cela se sent, même s’il s’agit d’une œuvre fictionnelle. La confrontation avec cette maladie de notre temps avait déjà fait l’objet de quelques films, parmi lesquels il y a Se souvenir des belles choses (Zabou Breitmann – 2001), Loin d’elle (Sarah Polley - 2007), films traitant honnêtement du sujet mais introduisant un peu trop de pathétique et de fantaisies fictionnelles. Les réalisateurs ont, semble-t-il, évité cet écueil. L’actrice traduit avec exactitude et finesse le questionnement personnel, face à sa famille inquiète mais peu aidante (sauf peut-être Lydia, incarnée par Kristen Stewart qui se révèle grande comédienne, alliant gravité et fraîcheur), et en compagnie de son mari, plus soucieux de l’évolution de sa propre carrière que de prendre en charge sa femme défaillante. Reste pour Alice la solitude grandissante, alors qu’elle utilise la mémoire de sa tablette pour enregistrer toutes les données de sa vie. Un moment troublant est quand elle se filme entrain de se parler à elle-même et d’indiquer les éléments essentiels à sa conscience future. Cela va jusqu’à l’organisation de son suicide, ce qui suppose que ses derniers moments de conscience serviront à se supprimer. Les rapports avec le neurologue sont sans fard car il est clair avec elle dès le début. La maladie étant génétique, il préconise que ses enfants subissent des tests (sur les trois, l’un s’avère positif). Le film est de forme très conventionnelle, il est construit comme un téléfilm, la musique est bien entendu inconsistante. Mais, il est une tentative acceptable de rendre compte de la vie intime d’un être qui, face à une maladie incurable, garde sa dignité. Devant la destruction progressive de toute une vie, elle reste still Alice (encore Alice) et still alive ! (encore vivante !).

Alain Le Goanvic