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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Stories we tell

(Canada, 2013, 1h48)

Réalisation : et scénario: Sarah Polley – Photographie : Iris Ng - Montage : Michael Munn - Son : Sanjay Mehta - Narration : Michael Polley - Production:Anita Lee - Distribution : Eurozoom
Interprétation : Rebecca Jenkins (Diane Polley), Peter Evans (Michael Polley) Alex Hatz (Harry Gulkin), et dans leurs propres rôles : Sarah Polley, Michael Polley, Harry Gulkin, Susy Buchan, John Buchan, Mark Polley, Joanna Polley, Cathy Gulkin...
Auteur :

Née en 1979, Sarah Polley est actrice dans de nombreux films et séries depuis 1985. Elle obtient une reconnaissance internationale avec De beaux lendemains d’Atom Agoyan en 1997.Après plusieurs courts métrages depuis la fin de années 90, elle réalise en 2007  Loin d'elle, avec Julie Christie dans le rôle d'une malade d'Alzheimer, qui témoigne avec sensibilité  de la maladie au quotidien.

Résumé :

Sarah Polley a une famille (presque) normale… Et presque comme toutes les familles, la sienne cache un secret. Quand Sarah le découvre, alors qu'elle est déjà une actrice nominée aux Oscars et une réalisatrice reconnue, elle décide de se lancer à la recherche de la vérité. 
Mais quelle vérité ? Celle de ses parents, acteurs comme elle, celle de ses frères et sœurs, celle des amis d'antan ? Jouant les détectives avec une ironie et un naturel désarmants, elle va démêler sous nos yeux la pelote de toutes ces histoires qu'on raconte, et auxquelles on finit par croire.

Analyse :



En se mettant personnellement en scène comme  cinéaste investigatrice et en rencontrant  ses proches, Sarah Polley entreprend  d’explorer la manière dont, dans les familles, chacun se construit sa propre version d’une même histoire, concourant ainsi à la légende familiale avec ses divergences. Le principal témoin de ce secret est la mère de Sarah, morte depuis des années et qui dans le film focalise les témoignages  actuels  des membres de sa famille et de ses relations, tandis que c’est Michaël, le père de Sarah, qui tantôt visible, tantôt en voix off participe activement - lecture d’un texte autobiographique - à la remémoration du passé, illustrée aussi par l’intrication  de vraies et de fausses images d’archives amateurs tournées en Super 8. La réalisatrice, qui arrime clairement sa propre  recherche identitaire à son enquête familiale,  a mis 5 ans à faire ce film –en une succession de tournages et de montages itératifs- dont l’expérience a été douloureuse mais libératrice  pour elle. Elle dit qu’elle a failli abandonner plus d’une fois. Cependant elle ne voulait pas que cette histoire fût racontée par d’autres que ceux qui l’avaient  vécue. Le résultat de cette entreprise est un film passionnant qui - bien au delà des singularités de la famille Polley qui s’est prêtée avec une confiance, une générosité et une émotion authentiques  à l’investigation de Sarah - incite irrésistiblement le spectateur à réfléchir sur sa propre histoire familiale.

(Jean-Michel Zucker)