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Cinéma

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(Italie – 2013 – 2h.11)

Réalisation : Giuseppe Tornatore - Scénario : Giuseppe Tornatore – Directeur de la photographie : FaGiuseppe Tornatore est un réalisateur italien dont on n’avait plus entendu parler depuis 13 ans. Son premier film date de 1985 Le Maître de la camorra. Mais ce qui est considéré comme son chef d’œuvre et qui lui a acquis une réputation mondiale c’est Cinéma Paradiso (1989), Grand prix du jury à Cannes et Oscar du meilleur film étranger. Après plusieurs autres longs métrages remarqués La légende du pianiste sur l’océan (1998) est distingué par des récompenses. Depuis Malèna en 2000, Tornatore n’avait plus rien réalisé. Zamarion – Assistants réalisateurs : Alberto Mangiante et Barbara Pastrovich – Ingénieur du son : Gilberto Martinelli – Musique : Ennio Morricone – Montage : Massimo Quaglia – Production : Paco Cinematografica – Distribution France : DistriB Films
Interprétation : Geoffrey Rush (Virgil Oldman) – Jim Sturgess (Robert) – Sylvia Hoeks (Claire) – Donald Sutherland (Billy Whistler).
Auteur :

Giuseppe Tornatore est un réalisateur italien dont on n’avait plus entendu parler depuis 13 ans. Son premier film date de 1985 Le Maître de la camorra. Mais ce qui est considéré comme son chef d’œuvre et qui lui a acquis une réputation mondiale c’est Cinéma Paradiso (1989), Grand prix du jury à Cannes et Oscar du meilleur film étranger. Après plusieurs autres longs métrages remarqués La légende du pianiste sur l’océan (1998) est distingué par des récompenses. Depuis Malèna en 2000, Tornatore n’avait plus rien réalisé.

Résumé :

Virgil Oldman, est un commissaire priseur très réputé. Il est austère, maniaque de l’hygiène, guindé et visiblement peu touché par le monde féminin. Grâce à la complicité d’un vieil ami, vendeur de tableaux, qui enchérit à sa place, il a réussi à se constituer une fabuleuse collection de tableaux composée exclusivement de tableaux de femmes, comme si c’était là son seul univers féminin. On pourrait dire qu’il ne peut les voir qu’en peinture ! Un jour une cliente l’appelle pour expertiser les meubles de son héritage familial. C’est la faille dans cette vie ordonnée comme une mécanique. Il est d’abord agacé puis intrigué car elle refuse de se montrer et ne communique avec lui que par téléphone. Un mystère qui s’épaissit sur lequel va se nouer une histoire passionnelle qui se terminera par un suspense à la Hitchcock.

Analyse :



Si on devait qualifier ce film par un mot, je dirai « ÉLÉGANCE ». Elégance et raffinement du décor. Un plaisir infini quand on aime l’art. Elégance des personnages, de Oldman en particulier. Elégance rare surtout de la mise en scène astucieusement organisée comme une mécanique ; mécanique qui jalonne tout le long du film par la reconstruction d’un automate du XVIIIème du célèbre Vaucansson, grâce au génie de la mécanique d’un jeune ami de Oldman, Robert, dont le rôle s’avèrera beaucoup plus important qu’il n’y parait. Elégance et beauté également de la musique d’Ennio Morricone. C’est véritablement un film sur l’amour de l’art.

Mais le film ne présente pas seulement ce côté esthétique jubilatoire et enchanteur. Il est aussi une profonde réflexion sur l’apparence, la frontière entre le faux et le vrai. Ce qui est visible n’est pas toujours la réalité. En art, comme en amour, comme dans la vie les apparences sont souvent trompeuses. Le vieil ami et complice de Virgil, Billy, lui envoie un message dont il ne comprend pas, pas plus que nous d’ailleurs, la portée : « on peut tout falsifier ». Où est la frontière du vrai, de l’authentique, de celle du faux, de la contrefaçon ? « Il y a une touche d’authenticité dans toutes les contrefaçons » dit Virgil.

Phrase répétée à l’envie, au plus fort du drame que vit Oldman dont nous ne dévoilerons rien mais qui est le fruit d’une énorme machination, à l’image de ces rouages de l’automate de Vaucansson, à l’image des mécanismes d’horloge, décor du restaurant Night and Day à Prague, qui donne lieu à de magnifiques images. Un film très noir au fond.

Ce film n’a pas fait l’unanimité des critiques. Il est vrai que l’on peut être gêné par sa longueur et par une seconde partie un peu échevelée dans laquelle Tornatore nous perd à volonté. Mais on ne lui en veut pas ! C’est même assez plaisant et c’est fait avec un tel talent !

Marie-Jeanne Campana