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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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The Program

(Grande Bretagne, 2015, 103 minutes)

Réalisation : Frears Stephen - Scénario : John Hodge d’après l’œuvre de David Walsh - Compositeur : Alex Heffes - Montage : Valerio Bonelli - Producteur : Tim Bevan – Distribution France : Studio Canal
Interprétation : Ben Foster (Lance Armstrong), Guillaume Canet (docteur Ferrari), Jesse Plemond (Floyd Landis), Chris O’Dowd (David Walsh)
Auteur :

Né en 1941 à Leicester, Stephen Frears a commencé à tourner en 1968 et son premier succès est : My beautiful laundrette en 1985. Sa carrière sera alors partagée entre l’Angleterre et les Etats Unis et on note : Les liaisons dangereuses (1988), Les arnaqueurs (1990), The Queen (2006), Tamara drewe (2010).

Résumé :

Le film retrace la carrière de Lance Armstrong – un biopic- depuis ses premiers succès, son cancer, sa résurrection médicalement assistée, ses sept victoires du Tour de France … et sa chute finale.

Analyse :



Il faut d’abord lever une ambiguïté : ce n’est pas un film sur le cyclisme et il faut le voir même si on n’est pas adepte de la petite reine ou supporter du Tour de France. Stephen Frears s’attache à analyser les motivations de ce héros hors du commun, sa volonté de survivre tout en étant un menteur pathologique. Comme dans Un homme dans la foule de Kazan, Frears montre comment un homme ambitieux va prendre la grosse tête en jouant sur la mort, la santé, l’argent, la tricherie. C’est un génie du mal, adepte de la langue de bois mais aussi un homme politique créateur de la fondation Livestrong pour aider les cancéreux. C’est toute la complexité de cet homme que Frears décortique avec brio et c’est grâce à la virtuosité de la mise en scène que nous adhérons pleinement au film : séquence courte, montage nerveux, bande son bien adaptée, quelques images d’archives, la belle prestation de Ben Foster : tout est convaincant. Il faut aussi souligner la crédibilité des personnages secondaires. Le docteur Ferrari, concepteur du programme de dopage, est convaincu qu’il agit pour le bien des sportifs. Dans ce rôle, Guillaume Canet parle joliment anglais avec un soi-disant accent italien ! Floyd Landis, l’un des coéquipiers de Armstrong dans l’équipe U.S. Postal, sera celui qui fera éclater le scandale. C’est un personnage complexe, son éducation puritaine, son admiration pour son leader puis son ressentiment devant la froideur de celui-ci le feront finalement basculer. Le problème du dopage est omniprésent, tout le monde le connaît dans le peloton du Tour même si personne n’en parle mais heureusement le réalisateur ne tombe pas dans le piège d’un film de propagande et ce thriller est un spectacle profondément humain.

Jean Wilkowski