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Cinéma

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The Revenant

(2016 - USA - 2h35)

Réalisation : Inarritu Alejandro Gonzales – Scénario : Inarritu et Mark Smith – Musique : Ryuichi Sakamoto – Photo : Emmanuel Lubezki – Montage : Stephen Mirrione - Production : 11 personnes dont Inarritu - Distribution France : Twentieth Century Fox
Interprétation : Leonardo DiCaprio (Hugh Glass), Tom Hardy (John Fitzgerald), Domhnall Gleeson (Andrew Henry), Will Paulter (Bridger)
Auteur :

A.G. Inarritu est né à Mexico en 1963. Sa vie professionnelle commence à la radio mexicaine et il suit des cours de direction d’acteurs aux USA. Il s’essaye au cinéma en 1995 mais c’est en 2000 qu’il connaît le succès avec Amour chienne. Suivront 21 grammes (2003), Babel (2006), prix de la mise en scène à Cannes, Biutiful (2010) et Birdman (2014) qui remporte 4 Oscars.

Résumé :

Hugh Glass est un trappeur. Son groupe est décimé par une attaque d’Indiens et, avec quelques rescapés, il tente de regagner la civilisation. Il est alors lui-même attaqué par une ourse et laissé pour mort par ses deux compagnons, après l’assassinat de son fils. Il va cependant survivre (d’où le titre du film) dans une nature hostile avec comme seul objectif de venger son fils.

Analyse :



The Revenant est un western car l’action se passe vers 1820 dans le nord-ouest des Etats-Unis, près de la frontière canadienne et la vengeance est le moteur principal de l’intrigue. Mais c’est un western moderne - comme Clint Eastwood l’a déjà fait avec Impitoyable en 1992 et plus récemment Tarantino, avec Django Unchained et Les 8 salopards -, c'est-à-dire que le réalisateur recherche la vérité historique dans les comportements des personnages. Ces derniers sont grossiers et sales et piétinent dans la boue même s’ils peuvent marcher à côté. De même, les Indiens sont bien décrits et ce ne sont ni de cruels peaux rouges ni de bons sauvages écologistes : ce sont de vrais hommes, parfois bons, parfois mauvais. Dans son film précédent, Birdman, Inarritu filmait en totalité enfermé dans un théâtre. Ici, c’est tout le contraire, l’action se passe exclusivement en extérieur dans des paysages magnifiques, en hiver sous la neige et en lumière naturelle. Cela a amené des contraintes importantes, le film a mis 5 ans à se faire, mais le résultat est bluffant et on peut dire que la nature est un personnage à part entière. Dès le début du film et pendant les premières 50 minutes on est accroché. L’attaque du camp des trappeurs par les Indiens, invisibles au début, est filmée avec brio, mouvements de caméra rapides, gros plans saisissants. C’est un vrai régal. Il y a aussi le combat entre Glass et l’ourse, un morceau d’anthologie qui restera dans la mémoire du 7éme art. On va retrouver ce souffle épique à la fin du film pour les 30 dernières minutes avec l’affrontement des deux héros, Glass et Fitzgerald, un duel à mort dans la neige et, là aussi, Inarritu manifeste une rare maîtrise. Le problème est que le film dure 2h35 et que, entre les monuments que sont le début et la fin, il y a 70 minutes pendant lesquelles on nous montre comment Glass va faire pour survivre dans un milieu spécialement hostile : rencontre avec des Indiens, les uns agressifs, les autres accueillants, chute d’une falaise dans un arbre, quasi noyade dans un torrent, dispute pour sa pitance avec des loups, nuit passée dans le ventre de son cheval mort (déjà vu dans le magnifique western de Richard Brooks, La dernière chasse). Tout cela est très bien fait mais on ne peut s’empêcher de regarder sa montre de temps en temps. C’est le point faible du film. Pour conclure il faut bien sûr insister sur la performance de Leonardo DiCaprio, qui, vraiment, n’a pas volé son Oscar.

Jean Wilkowski