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Cinéma

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The immigrant

(USA/ Pologne -2013- 1h59)

Réalisation : James Gray – Scénario : James Gray, Richard Menello - Photo: Dariu Khondji - Décors : Happy Massee - Montage : John Axelrad - Musique : Chris Spelman - Son : Thomas Varga - Distribution : Wild Bunch
Interprétation : Marion Cotillard (Ewa CYbulska), Joaquim Phoenix (Bruno Weiss), Jeremy Renner (Orlando)
Auteur :

James Gray est né en 1969 à New York, d’une famille juive d’Ukraine fuyant les pogroms, pour immigrer aux E.U. en 1920 et s’installer à Little Odessa, quartier de juifs russes de New York. Ecole de cinéma à l’Université de Californe du Sud. Son premier long métrage Little Odessa témoigne de son attachement à ses origines, mais affirme un regard critique sur les rapports familiaux qui tendent à étouffer l’individu. Variant les genres (thriller, polar, comédie romantique..), il réalise The Yards (2000), La nuit nous appartient (2007), Two lovers (2008), films qui ont tous été sélectionnés au Festival de Cannes. C’est aussi le cas de son dernier opus, un mélodrame.

Résumé :

Nous sommes en 1921.Ewa et sa sœur Magda ont quitté leur Pologne natale et arrivent à Ellis Island. Magda est atteinte de tuberculose et est placée en quarantaine. Ewa seule et désemparée tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules et avide de réussite. Pour sauver sa sœur, Ewa se livre résignée à la prostitution. Une lutte entre le bien et le mal.

Analyse :



Dès le début, une musique douce, aux accents nostalgiques et romantiques, accompagne les images de la Statue de la Liberté. Ellis Island, New York, images archétypales, couleur bistre, légère brume ou fumée. Y aurait-il un air de déjà vu ? On pense à America America d’Elia Kazan, à la saga du Parrain de FF Coppola. Les visages d’Ewa (Marion Cotillard bouleversante) puis de sa soeur Magda, pauvres immigrées de la Silésie, et celui de Bruno Weiss (Joaquim Phoenix, l’acteur fétiche de James Gray) vont donner la couleur humaine de cette époque si lointaine, et en même temps si proche. Une époque de grands drames qui secouaient l’Europe occidentale et centrale. Condamnée à se prostituer pour venir en aide à sa sœur atteinte de tuberculose, Ewa va vivre dans cet univers sordide, un quartier occupé par les immigrés juifs, cette diaspora d’où vient la famille du cinéaste lui-même. Bruno a la haute main sur ses filles, qu’il livre au désir sordide des hommes. Mais un sentiment va naître pour Ewa, et celle-ci, de la haine farouche va découvrir autre chose, un sentiment trouble. Plaisir de retrouver le monde de Gray, celui où les personnages vivent dans un combat douteux, cherchant péniblement leur voie entre le crime et la justice, entre la détestation de l’autre et la compassion. Il y a comme un air de rédemption, à la toute dernière image...L’univers de James Gray est dominé par des figures de ‘losers ‘, pour lesquels certains spectateurs peuvent avoir un sentiment de rejet. Mais le style du cinéaste et sa compassion évidente pour ses personnages nous les rendent attachants.

Alain Le Goanvic