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Cinéma

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The lunchbox

(Inde – 2013 – 1h44)

Réalisation : Ritesh Batra - scénario : Ritesh Batra – Directeur de la photographie : Michael Simmons – Son : Michael Kaczmarek – Montage : John Lyons –Musique : Max Richter – Producteurs : Guneet Monga, Anurag Kashyap, Arun Rangarachi – Distribution France : Happiness Distribution
Interprétation : Irrfan Khan (Saajan Fernandez) – Nimrat Kaur (Ila) – Nawazuddin Siddiqui (Shaikh) – Denzil Smith (M. Shroff) – Bharati Achrekar (Mme Krishnan) – Nakul Vaid (mari d’Ila)
Auteur :

Ritesh Batra est un réalisateur indien né à Bombay. Il est l’auteur de plusieurs courts-métrages : The Morning Ritual (2008), Gareeb Nawz’s Taxi (2010), Café Regular Cairo (2011). The Lunchbox est son premier long-métrage. Initialement il voulait réaliser un documentaire sur les « dabbawallahs », mais devant la richesse des anecdotes qu’il a recueillies, il a décidé d’en faire une fiction. Le film a eu un grand succès critique en Inde. Il a même suscité une polémique lorsqu’un autre film a été choisi pour représenter l’Inde aux Oscars.

Résumé :

Une erreur dans le service pourtant très efficace de livraison de lunch boxes, les « dabbawallahs », service de plateaux repas à Bombay (on dit aujourd’hui Mumbai), met en relation une jeune femme délaissée et un homme proche de la retraite. Par le biais de ces boîtes, ils entament une correspondance et se mettent à rêver à une autre vie.

Analyse :



L’histoire nous plonge au cœur de Bombay. Dans cette mégapole de 20 millions d’habitants, un dispositif bien huilé à base de porteurs, de bicyclettes, de trains de banlieues, permet d’acheminer chaque jour des milliers de gamelles remplies des repas cuisinés par des épouses attentionnées pour leurs époux employés de bureau. Le système, unique au monde, est réputé infaillible. Et pourtant l’erreur arrive : les plats délicieux et pimentés que mitonne la belle Ila, pour reconquérir le cœur de son mari bien tiède, arrivent sur le bureau d’un comptable, veuf et proche de la retraite, Monsieur Saajan Fernandez. Et ces deux êtres meurtris vont commencer à échanger par de petits billets cachés dans les gamelles.

La trame est ténue, mais le film est rempli d’humour et de moments comiques, apportés notamment par les personnages secondaires : le jeune adjoint hâbleur et un peu escroc de Saajan et la voisine invisible qui fournit conseils matrimoniaux, recettes de cuisine et épices (par la fenêtre) à Ila. Le réalisateur est plein de tendresse pour ses personnages : il faut voir comment le vieux comptable rajeunit peu à peu jusqu’à envisager une aventure, comment le sourire reparait sur son visage. Et comment la belle Ila attend avec impatience les lettres de Saajan. On pense aux comédies de Lubitsch en voyant ce travail délicat sur les sentiments des personnages et cette souriante mélancolie qui colore leurs relations.

Mais ce petit film est aussi intéressant sous un autre aspect : il nous fait pénétrer dans Bombay, dans ses rues surpeuplées, dans ses trains bondés, et nous montre comment cette foule arrive à survivre en s’organisant.

Très loin des films traditionnels de Bollywwod, sans chant ni danse, ce film léger, très bien interprété, notamment par Irrfan Khan dans le rôle du comptable veuf, est une délicieuse gourmandise.

Jacques Champeaux